Overblog Tous les blogs Top blogs Films, TV & Vidéos Tous les blogs Films, TV & Vidéos
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Un blog regroupant les critiques et les articles de deux frères, cinéphiles amateurs mais érudits (un peu, en tout cas)

Publicité

La Planète des Singes - Les origines

  

 - Titre original : Rise of the Planet of the Apes 

 - Film américain sorti le 10 août 2011 

 - Réalisé par Rupert Wyatt 

 - Avec James Franco, Freida Pinto, John Lithgow,… 

 - Science-fiction, Aventure, Action    

              Dans un laboratoire, des scientifiques expérimentent un traitement sur des singes pour vaincre la maladie d'Alzheimer. Mais leurs essais ont des effets secondaires inattendus : ils découvrent que la substance utilisée permet d'augmenter radicalement l'activité cérébrale de leurs sujets. César est alors le premier jeune chimpanzé faisant preuve d'une intelligence remarquable. Mais trahi par les humains qui l'entourent et en qui il avait confiance, il va mener le soulèvement de toute son espèce contre l'Homme dans un combat spectaculaire...

Twentieth Century Fox FranceTwentieth Century Fox France

            L'été 2011 est bien morne : adaptations à gogo de super-héros, suites en pagailles et toutes inutiles pour le coup (même Pixar, contrairement à l'année dernière, n'a pas réussi à se montrer à la hauteur) et les rares projets originaux comme Super 8 déçoivent, ce dernier se révélant n'être qu'une jolie contrefaçon. C'est de cette façon qu'on finit par avoir quelques espoirs pour un projet comme le prequel de La Planète des Singes, chef d'oeuvre de Franklin J. Schaffner sorti en 1968 et qui a fait l'objet de nombreuses suites et remakes, dont un assez décevant par Tim Burton. Cette fois c'est l'inconnu Rupert Wyatt qui s'y colle en essayant de raconter de quelle façon les singes ont réussi à inverser le rapport de force avec l'humanité qui dominait sans crainte la Terre.  

            Cela peu sembler naïf d'espérer quelque chose d'un tel projet commercial mis entre les mains d'un metteur en scène qui n'a pas assez de parcours pour pouvoir faire face aux exécutifs de la terrible 20th Century Fox. Néanmoins cette Planète des Singes - les origines demeurait le projet mystère de l'été. Un marketing très tardif n'avait pas permis aux cinéphiles d'immédiatement deviner la qualité du film. Projet audacieux et révolutionnaire ou navet insipide ? Une fois dans la salle, le doute n'est cependant plus permis : si le marketing a été si en retard par rapport au reste des blockbusters, c'est très probablement à cause d'une production très chaotique et qu'il avait été surtout convenu de cacher les dégâts. Mais rendons à César ce qui est à César : si, à la différence d'un Avatar, le film de Wyatt ne s'imposera pas comme une oeuvre marquante ou réussie, il arrive quand même à relever son défi technologique. Les effets spéciaux de Weta (qui d’autre ?) sont à certains moments époustouflants de réalisme. Les singes ne sont en effet plus crées à partir de prothèses et de maquillage « physique » mais par le biais d'un « maquillage numérique » avec la motion capture. Et quel meilleur acteur qu'Andy Serkis pour jouer le singe leader de la révolution sachant que celui-ci a déjà incarné par cette technologie le Gollum du Seigneur des Anneaux et le King Kong du film éponyme, tout les deux de Peter Jackson, ainsi que le Capitaine Haddock dans le très prochain Tintin de Steven Spielberg ?  

S'il y a bien une raison d'aller voir cette énième Planète des Singes, c'est bien Serkis qui a accompli un travail admirable, au point que ses scènes soient plus intenses et émouvantes que celles avec de « vrais » humains (ceci n'est qu'à moitié un compliment mais j'y reviendrais plus tard). Le fait d'ailleurs de mettre au premier plan des singes numériques est déjà à la base un pari risqué pour un « blockbuster ». En faire les héros et montrer comment ceux-ci basculent dans la violence et finissent par assouvir l'espèce humaine l'est d'autant plus. En résulte donc quelques passages judicieux, qui sont surtout liés à l'évolution physique et intellectuelle de César le singe : son enfance, l'instant où il réalise son statut d'animal en laisse, ses premiers moments de liberté, son premier dessin et surtout son premier mot (de très loin le meilleur passage du film). Les autres singes ne sont pas tout à fait en reste et sont modélisés avec une rare précision puis brillamment « animé » par des acteurs.  

            Le problème vient donc avant tout d'un scénario qui gâche toutes les pistes dont il dispose sans jamais en exploiter au moins une correctement. Le film reste constamment à la surface des choses. Pire, il utilise des ellipses parfois assez embarrassantes pour la crédibilité du récit. Incompétence artistique ou coupures dues aux producteurs ? La seconde solution est certainement la bonne et amène la trame à être complètement déstructurée, entraînant des réactions de personnages un peu saugrenues (notamment au niveau de l'attitude du patron de l'entreprise Gen-Sys et du jeune héros scientifique qui y travaille). Il y a aussi un sérieux embarras qui vient du jeu même des acteurs qui semblent tous mortellement s'ennuyer quand ils n'ont pas un rôle grotesque à défendre. James Franco n'a jamais été aussi mauvais et aussi peu concerné ; Freida Pinto joue les faire-valoir afin d'assurer le quota féminin de ce long-métrage (c'est presque la seule femme de l'histoire) ; Tom Felton rejoue les « Drago Malefoy » en réussissant à être plus méchant encore que l'ignoble sorcier blond... Sans parler évidemment du comportement irrationnel des scientifiques qui, une fois contaminés par un virus dangereux, n'ont même pas l'idée d'aller à l'hôpital et préfèrent mourir seuls dans leurs appartements. Seul John Lithgow, inoubliable tueur dans le Blow Out de Brian de Palma, arrive à être très émouvant dans son rôle de père atteint de la maladie d'Alzheimer.    

            Néanmoins, toute la faute n'est pas à rejeter sur les aléas d'une production chaotique. Le fait est que la mise en scène de Wyatt est loin de se montrer brillante : plans séquences virtuels tape-à-l'oeil qui n'ont d'autres utilités narratives que de dire « on peut faire ça aussi », scène d'introduction illisible, platitude des séquences dialoguées, impossibilité à rendre le climax final intense... Ce dernier est d'ailleurs bien risible. Car là où l'on était en droit d'attendre une bataille impressionnante menant à la conquête de la ville (et qui aurait donc ainsi suggéré la prise de pouvoir des singes) on a finalement droit à un peu de bazar pour tous public qui s'achève par la traversée du Golden Gate de San Francisco par une trentaine de singes qui ne rencontreront comme opposition qu'une quinzaine de policiers qui ne tireront presque jamais de balles réelles (car c'est mal de tuer un animal dans un blockbuster). Résultat : on ne peut être que consterné quand on assiste à ce déploiement de force grotesque qui, au lieu d'envoyer la police montée, n'a jamais l'idée d'appeler l'armée où de recourir à la force. Et tout ça pour un épilogue grotesque et bien pensant où les singes ne voulaient que retrouver leur liberté dans la forêt de séquoias. Fin. Oui, on peut chercher encore longtemps l'invasion des singes. Quoique le générique rajoute une courte séquence, comme si le réalisateur venait de se rappeler de quoi était sensé parler le film, montrant que l'humanité va être vaincue par un virus. Tout ça parce qu'une andouille de scientifique n'a prévenu personne de sa contamination.  

             Cette Planète des Singes - les origines n'est donc qu'une belle démo technique, impressionnante par ses effets spéciaux mais consternante par son récit incohérent. Ce mystérieux film n'est donc rien de plus qu'une grosse production sans âme, consensuelle, jamais divertissante puisque l'unique scène d'action intervient dans le dernier quart d'heure et n'est qu'un pétard mouillé. Sous d'autres mains, le projet aurait pu accoucher d'un grand film. Ca n'a malheureusement pas été le cas ici. La suite, car suite bien évidemment il y aura, pourra peut-être réussir à limiter les dégâts.   

NOTE à 3,5 / 10

James Franco. Twentieth Century Fox FranceTwentieth Century Fox France

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article