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Un blog regroupant les critiques et les articles de deux frères, cinéphiles amateurs mais érudits (un peu, en tout cas)

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Coco avant Chanel

                                                    Affiche définitive. Warner Bros. France

 - Film français sorti le 22 avril 2009

 - Réalisé par Anne Fontaine

 - avec Audrey Tautou, Benoît Poelvoorde, Alessandro Nivola,…

 - Biopic

         Une petite fille du centre de la France, placée dans un orphelinat avec sa soeur, et qui attend en vain tous les dimanches que son père vienne les chercher. Une chanteuse de beuglant à la voix trop faible, qui affronte un public de soldats éméchés. Une petite couturière destinée à refaire des ourlets dans l'arrière-boutique d'un tailleur de province. Une apprentie-courtisane au corps trop maigre, qui trouve refuge chez son protecteur Etienne Balsan, parmi les cocottes et les fêtards. Une amoureuse qui sait qu'elle ne sera « la femme de personne », pas même celle de Boy Capel, l'homme qui pourtant l'aimait aussi. Une rebelle que les conventions de l'époque empêchent de respirer, et qui s'habille avec les chemises de ses amants. C'est l'histoire de Coco Chanel, qui incarna la femme moderne avant de l'inventer...

 

Audrey Tautou. Warner Bros. FranceAudrey Tautou. Warner Bros. France

         2009 semble être l'année de Coco Chanel, avec pas moins de deux projets cinématographiques, Coco Chanel & Igor Stravinsky de Jan Kounen prévu semble-t-il pour l'automne 2009 et Coco avant Chanel d'Anne Fontaine qui semble avoir été tourné en toute hâte pour sortir avant le premier. 

         Le biopic est très (trop ?) à la mode en France depuis quelques années et cela ne s'est pas arrangé avec La Môme d'Olivier Dahan. Comme dans toute chose il y a donc du bon et du moins bon. Objectivement Coco Chanel fait parti de la seconde catégorie. Voulant à tout pris éviter le biopic classique (naissance, enfance et jeunesse traumatisante déterminante pour la vocation de l'artiste, carrière, apogée, chute puis mort), Anne Fontaine a voulu privilégier un épisode méconnu de la vie de Coco Chanel. Le problème c'est que celui ne semble, ou du moins n'est jamais montré comme tel, absolument pas important ou décisif pour la carrière de Chanel. On se retrouve face à une énième romance impossible où le mot « couture » est de temps à autre évoqué mais qui ne montre pas l'évolution sociale de la femme autrement que par deux ou trois phrases pompeuses.

          Audrey Tautou est transparente, ce qui est un peu ennuyeux pour un biopic sur Chanel, Alessandro Nivola déclame son texte avec un fort accent certes mais d'un ton toujours monocorde, Marie Gillain joue le rôle inutile, dans ce film tout du moins, de la soeur de Coco et Emmanuelle Devos n'arrive que de temps à autre à donner un peu d'intérêt à certaines de ces scènes où elle représente la femme en pleine mutation, symbole de l'influence que Chanel aura sur la gente féminine (ici Coco lui change surtout de chapeau). Le seul qui sauve le film d'un naufrage cinématographique français soi-disant ambitieux (mais on est plus à ça près) c'est Benoît Poelvoorde qui arrête pour un temps ses gamineries et qui joue avec une très grande justesse un Etienne Balsan complexe qui ne se rendra compte de son amour pour Coco que bien trop tard et qui souffrira du mépris de cette dernière. Il est la surprise et le seul intérêt du Coco avant Chanel.

          Si le scénario est partiellement vide, la forme ne rattrape pas le désintérêt que l'on éprouve pour la trame. La réalisation est du niveau de celle d'un téléfilm et Anne Fontaine se contente de filmer platement les scènes de son scénario sans leur donner une signification visuelle. On effleure légèrement les débuts de la libération féminine mais Coco avant Chanel a au moins l'avantage de montrer l'opposition entre deux monde : un qui disparait c'est-à-dire l'aristocratie et le monde qui vit encore à cheval (dont Balsan est passionné) et un monde nouveau plus moderne symbolisé par la voiture (Boy Capel passionné d'automobile) notamment dans la scène où ce dernier essaye de faire conduire Balsan qui se rend compte que le monde change beaucoup trop vite pour lui. Enfin dernier élément qui mérite d'être noter, c'est la troublante ressemblance entre la séquence de la mort de Boy Capel et celle de Marcel Cerdan dans La Môme, la seconde étant bien évidemment indépassable.

          Coco avant Chanel est donc une déception, un film imparfait, scolaire, bâclé, indigne d'une femme comme Coco Chanel. Il ne reste qu'à espérer que la version de Kounen soit plus inventive et intéressante.

* * * *  
Alessandro Nivola et Audrey Tautou. Warner Bros. France

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