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Un blog regroupant les critiques et les articles de deux frères, cinéphiles amateurs mais érudits (un peu, en tout cas)

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Démineurs

                                                        SND

 - Film américain sorti le 23 septembre 2009 (ressortie le 10 mars 2010)

 - Réalisé par Kathryn Bigelow

 - Avec Jeremy Renner, Anthony Mackie, Brian Geraghty,…

 - Guerre, Drame, Action

          Bagdad. Le lieutenant James est à la tête de la meilleure unité de déminage de l'US Army. Leur mission : désamorcer des bombes dans des quartiers civils ou des théâtres de guerre, au péril de leur vie, alors que la situation locale est encore explosive...

  

Jeremy Renner. SNDSND

          Profitant de la re-sortie de Démineurs qui a suivi son sacrement aux oscars, je brise un court moment ma chronologie pour faire la critique de ce film sorti bien trop discrètement en septembre dernier.

          Le long-métrage de Bigelow est plutôt un film convaincant sur la guerre en Irak même s'il n'aborde pas frontalement le conflit. Mais il arrive pleinement à en restituer une atmosphère de chaos et d'incertitudes, nous amenant, tout comme les soldats du film, à rester constamment sur nos gardes, le danger pouvant venir de n'importe où. C'est là où la réalisation « caméra à l'épaule » de Bigelow réussit à prendre tout son sens puisqu'elle permet une installation des décors dans chaque séquence rendant ainsi le déroulement de l'action beaucoup plus clair, surtout lorsqu'elle est montrée avec de constants changements de points de vue. Le désavantage est que cette réalisation finit par prendre un coté quelque peu classique et impersonnel puisqu'il reprend, encore une fois, le parti de montrer la guerre (surtout celle en Irak) par le biais du « faux-documentaire pris sur le vif ». Mais la mise en scène est très maîtrisée, et c'est toujours très satisfaisant de voir une femme autant à l'aise dans un genre habituellement si masculin et qui est même supérieure à bien de ses confrères. La représentation du mode de vie de ces soldats en Irak est réaliste, précise et accentue particulièrement le côté viril, intense de cette vie (beuveries, concours de coups de poing, montée forte d'adrénaline sur le terrain et lors des déminages,...) tout en soulignant paradoxalement l'aspect aussi très répétitif de ce métier (longue attente, mission, longue attente, de nouveau en mission,...).

          Cependant le principal défaut, plutôt de taille, pour Démineurs est son scénario. Certes sur un pitch simple on peut faire de très bons films en se démarquant par une réalisation, un traitement surprenant. Hors là, l'écriture des personnages est plutôt bien faîte mais passe par presque tous les poncifs du genre : le soldat traumatisé par la mort d'un de ses collègues ; la rivalité entre deux têtes brulées ; l'addiction à la guerre et l'impossibilité de vivre en dehors de celle-ci, avec la scène archi-revue du combattant qui revient au pays et qui se perd dans un supermarché alors qu'il savait se mouvoir parfaitement dans le chaos irakien... Le second défaut de l'histoire est qu'elle est excessivement répétitive. Comme dit précédemment, sa structure se compose d'une séquence intense, un « shoot d'adrénaline », suivi d'une pause d'une dizaine de minutes où l'intrigue ne progresse pas un instant et où l'on observe les soldats passer le temps comme ils peuvent. En somme, le film se contente d'aligner les scènes de déminage en oubliant un vrai fil narratif qui accrocherait le spectateur. Alors oui, on ressent leur frustration et leur envie paradoxale de retourner sur le terrain où ils risquent leur vie mais le problème vient aussi d'un manque de suspense pour un film qui se targue d'être surprenant, intense, stressant... Comment s'inquiéter, ressentir ce fameux « shoot » lorsque l'on sait à l'avance l'issue de la scène de suspense ? Les dénouements des situations étant d'une prévisibilité incroyable, on n'arrive pas souvent à s'inquiéter pour le sort des soldats puisqu'il est à chaque fois évident : que ce soit pour le démineur de la séquence d'introduction (certes efficace puisqu'elle présente bien le milieu dans lequel se déroule le film) ; le médecin qui n'est jamais allé sur le terrain et qui se décide à sortir, après sa discussion avec son patient traumatisé, pour finir par se faire liquider « par surprise » ; le soldat traumatisé lui-même ; et le héros connaitra un sort qu'on a déjà vu un trop grand nombre de fois pour arriver à prendre le spectateur par surprise.

          De même Démineurs se révèle assez limité dans son analyse de l'impact de la guerre sur l'homme. Deux heures de long-métrage pour aboutir au constat suivant : la guerre est une drogue. Ce message est souligné dès les premières secondes avec la citation de Chris Hedges et sera répété une bonne dizaine de fois lors des éternelles disputes entre les sergents William James et J.T. Sanborn. Rappelons qu'un film comme Apocalypse Now n'avait eu besoin que d'une petite dizaine de minutes d'introduction pour illustrer puissamment cette idée. Et si le niveau d'interprétation est honorable, aucun acteur ne bénéficie d'un personnage un tant soit peu fouillé, jouant, voire surjouant, les scènes déjà vue dans d'autres films de guerre, dont les éternels « pétages de plomb » lors des séquences d'action, les traumatismes « profondément » enfouis dans chacun de ces hommes,... A la fin, impossible de s'attacher à un personnage, américain ou irakien d'ailleurs, puisqu'ils ne semblent avoir aucune motivation pour leurs actions. Ils finissent par devenir des stéréotypes (le casse-cou suicidaire ; le lieutenant sévère mais en fait sympa et sensible, le jeune traumatisé par la mort d'un ami dont il est « responsable », la gentille femme du héros qui attend sagement à la maison,...). Alors évidemment le long métrage de Bigelow finit par être sans surprise, un réel comble pour un film sur le déminage. La relation entre le héros et un jeune garçon irakien nommé Beckham aurait pu se révéler attachante, notamment lorsque William James se rend illégalement dans la maison de ce dernier, mais on s'aperçoit, dans un rebondissement hollywoodien assez déplorable (que l'on ne révèlera pas mais qui se fait sentir à des kilomètres), que cette relation amicale n'aboutira à rien. Enième frustration. Alors que nous reste-t-il pour nous réveiller de notre torpeur ? Une figuration sympathique de Guy Pearce dans une introduction bien réalisée (même si, encore une fois, très prévisible) et surtout une apparition très jouissive de Ralph Fiennes dans la meilleure séquence du film : un duel entre snipers véritablement tendu et épuisant. A noter enfin une séquence de déminage assez divertissante dans une voiture et qui parvient parfois à devenir angoissante par la multiplicité des menaces autour du trio de soldats.

          Démineurs n'est pas un mauvais film en soit et Bigelow est une grande réalisatrice. Cependant son dernier long-métrage est un peu trop répétitif et déjà vu pour s'avérer surprenant. Et si l'on arrive à sursauter face à la force des explosions, on passe surtout son temps à regarder d'un oeil parfois ennuyé les aventures pas si trépidantes de cette unité de déminage.

* * * * * 

SNDSND

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P
Je ne suis pas tellement film de guerre mais c est un BEAU film.
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S
SeotonsSympa tout ca :)
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