Overblog Tous les blogs Top blogs Films, TV & Vidéos Tous les blogs Films, TV & Vidéos
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Un blog regroupant les critiques et les articles de deux frères, cinéphiles amateurs mais érudits (un peu, en tout cas)

Publicité

Les Chèvres du Pentagone

                                                     Sony Pictures Releasing France

 - Film américain sorti le 10 mars 2010

 - Réalisé par Grant Heslov

 - Avec George Clooney, Ewan McGregor, Jeff Bridges,…

 - Comédie

          Bob Wilton, un journaliste désespéré fait l'heureuse rencontre de Lyn Cassady, un soldat aux pouvoirs paranormaux combattant le terrorisme. Ils se rendent ensemble en Irak où ils rencontrent Bill Django, le fondateur de l'unité, et Larry Hooper, soldat de l'unité qui dirige une prison...

George Clooney et Ewan McGregor. Sony Pictures Releasing FranceJeff Bridges, George Clooney et Kevin Spacey. Sony Pictures Releasing France

          Et le revoilà ! Deux semaines après The Ghost Writer, Ewan McGregor est de nouveau sur nos écrans. Mais cette fois-ci direction l'Irak en compagnie de soldats américains aux soi-disant pouvoirs paranormaux parmi lesquels on compte George Clooney, Jeff Bridges, Kevin Spacey et Stephen « Quaritch » Lang. Casting exceptionnel pour un film malheureusement trop ordinaire.

          Concédons bien une chose au film de Heslov : son scénario complètement loufoque permet de mettre dans la lumière un aspect peu reluisant (quoique...) de l'armée américaine pourtant bien réel, et c'est parfois très difficile à croire. Ce qui plombe un peu trop l'histoire c'est la présence presque constante de la voie off du journaliste, interprété par McGregor, qui se charge d'expliquer de nombreux détails. Ces derniers, illustrés par de trop nombreux flash-back, coupent trop brutalement le récit principal qui se trouve être le parcours de Bob Wilton et de Lyn Cassady à travers l'Irak. Le bon coté de ce parti pris est l'écriture plutôt réussi de nombreux seconds rôles dont celui de Bill Django, joué par le tout juste récompensé Jeff Bridges, dont le rôle n'est pas sans parfois rappeler la « cool attitude » du « Dude » du film des frères Coen The Big Lebowski. L'autre aspect décevant est l'absence de profondeur dans l'analyse des différents et nombreux aspects de cette « armée spéciale », se contentant bien trop souvent d'exposer platement les faits.

           La réalisation est aussi un des grands points faibles des Chèvres du Pentagone. Peu inspiré, classique, un brin trop statique, ce manque flagrant de vigueur ne sert à aucun moment la veine comique du film. Par cette absence de dynamisme dans la mise en scène, les ressorts humoristiques se révèlent bien moins efficaces et le rythme finit par en pâtir sérieusement et particulièrement dans la seconde moitié du long-métrage. Si les seconds rôles sont très bien joués, ce qui est normal au vue de leurs interprètes, la partie la plus intéressante et la plus fouillée reste évidemment la relation entre Wilton et Cassady.  Le premier est l'archétype de l'Américain moyen qui a réussi à se poser. Jusqu'à ce qu'il se rende compte que ce fameux « American Dream » est trop factice pour apporter le bonheur, en plus du fait que sa belle femme sois partie avec son patron. Par sa rencontre avec Cassady, le « maître Jedi » qui a tout appris d'un autre maître, Bill Django, Wilton va suivre une sorte d'initiation, d'ouverture d'esprit. Il va devenir le « padawan » de Cassady, le clin d'oeil étant de taille puisque McGregor a prêté ses traits à Obi-Wan Kenobi dans la prélogie Star Wars. Quant il prend le parti d'un récit d'initiation avec ce rapport élève / maître, Les Chèvres du Pentagone arrive à reprendre un certain intérêt, le but véritable de toute cette mission étant bien sûr « l'élévation » de Wilton. L'apothéose arrivant à la toute fin du film où Wilton « réussit » (en rêve ?) ce que le personnage de Stephen Lang avait complètement échoué dans la première séquence du film.

          Le personnage de Lyn Cassady n'est pas non plus dénué d'intérêt. Sa relation avec Django, le maître qu'il vénère et par qui il aurait tout appris, est très touchante. Son personnage semble au premier abord complètement allumé, mais il finit par se révéler bien plus raisonnable que la plupart des autres cadres de l'armée, et notamment en Irak. En fait, et c'est là où on se rend compte que l'idée d'une armée « paranormale » n'est pas traité par Heslov avec mépris ou ridicule, ces « super-soldats », Lyn et Django en tête, se veulent les porteurs d'un message de paix et d'amour. Une idée certes naïve et bien trop optimiste pour pouvoir être réelle mais qui s'avère être rassurante de la part d'une armée aussi interventionniste et mal-vue depuis quelques années. Cassady lui-même est quelques peu rebuté à l'idée de tuer, à moins de sauver sa peau et celle de son « padawan », et va porter un fort traumatisme en croyant, dans une scène hilarante, avoir tué par la pensée une pauvre chèvre sans défense alors qu'il était sous l'influence de ses chefs et de son « coté obscur ». Le final se fera sous le signe de la bonne humeur, toute la garnison étant sous l'emprise du LSD d'un Django vieillissant mais en quête de rédemption, tout comme Cassady qui libérera un enclot de chèvres en même temps que de nombreux prisonniers irakiens. Wilton aura lui trouvé un sens à sa propre vie et, comme une sorte d'Elu, il parviendra à accomplir, après la « disparition » du maître comme tout bon mythe qui se respecte et dans un excellent happy end à l'américaine, ce que tous les autres « super-soldats » avaient échoué.

          Les Chèvres du Pentagone n'est pas une bonne comédie, trop de temps mort l'en empêche, et son aspect documentaire édifiant n'est pas non plus le plus intéressant. Si le film arrive à garder un certain intérêt c'est par son coté « récit d’apprentissage » optimiste afin de s'accomplir complètement en tant qu'homme. Les Chèvres du Pentagone est une forme de « Quête initiatique » pour un homme plein de désillusions qui va réussir à retrouver un sens à son existance en préférant ces dites-illusions.

* * * * * 

George Clooney. Sony Pictures Releasing FranceGeorge Clooney. Sony Pictures Releasing France

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article