Un blog regroupant les critiques et les articles de deux frères, cinéphiles amateurs mais érudits (un peu, en tout cas)
- Film français sorti le 28 janvier 2009
- Réalisé par Nicolas Saada
- avec Guillaume Canet, Géraldine Pailhas, Stephen Rea,
- Espionnage, Romance
Vincent, un jeune homme brillant mais refermé sur lui-même, travaille comme bagagiste dans un aéroport et refuse le parcours tracé que lui offraient ses études. Avec son collègue Gérard, Vincent a l'habitude de voler dans les valises avant leur embarquement en soute. Alors qu'il fouille un bagage diplomatique, Gérard meurt brutalement suite à une explosion. Le propriétaire de la valise, un diplomate syrien, récupère le bagage avant de disparaître. Vincent est alors coincé par la DST qui lui propose un marché : lui éviter la prison et collaborer avec les services secrets français et anglais pour retrouver les hommes impliqués dans l'explosion. L'enquête conduit Vincent à Londres, qui, sous une fausse identité, essaie de se rapprocher d'un homme d'affaire anglais, Peter Burton, apparemment manipulé par les services secrets syriens. La DST et le MI5 poussent alors Vincent à séduire l'épouse de Burton, Claire, une française au caractère fragile. Vincent se rapproche de la jeune femme et la manipule pour la forcer à collaborer avec le MI5. Déstabilisé par les enjeux de la mission, Vincent va être bientôt rattrapé par ses sentiments.
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Le cinéma français continu à s'inspirer du cinéma américain. Dés la séquence d'ouverture, on ressent déjà une forte influence envers Michael Mann. Si le film paranoïaque semble à la mode en France, Espion(s) s'inscrit pleinement dans cette lignée. Mi-film d'espionnage, mi-film romantique, même si ce second aspect est en fait moins développé qu'il n'y parait, Espion(s) ne peut pas être considéré comme un film américain car il ne fait jamais dans la surenchère, que ce soit dans l'action ou le suspense, ni comme un film français car il se démarque suffisamment des productions habituelles, le film d'espionnage français étant assez peu courant encore.
Le principal atout de ce film est d'ailleurs Guillaume Canet, parfaite interprétation de l'homme moyen, qui sait jouer avec retenu même lorsqu'il est la vedette d'un film. Si les acteurs sont tous bons, l'histoire ne prend véritablement un intérêt que lors de l'arrivée de Claire, interprété par Géraldine Pailhas. Si la (fausse) histoire d'amour est le moment fort du film, ce dernier perd beaucoup en qualité lorsque Vincent révèle à Claire la véritable nature de leur relation. Claire devient alors un personnage secondaire, qui peine à nous faire éprouver une quelconque pitié, même si elle essaye d'accentuer le fait qu'elle n'a pas la garde des deux enfants qu'elle a eu d'un autre mariage.
Mais le problème d'Espion(s) est que l'enquête n'est pas assez exploitée pour vraiment intéresser le spectateur. Cela devient une quête sans enjeux qui ne nous touche en aucun point, même dans sa résolution. D'ailleurs on a l'impression que le scénariste s'est retrouvé durant les vingt dernières minutes dans une impasse. Alors il décide de tout expédier à la va-vite, le spectateur ne comprenant plus très bien ce qui se passe. Tout s'achève très vite, en queue de poisson, et montre un flagrant manque de moyen par rapport aux ambitions (surtout si l'on regarde les explosions).
Espion(s) manque surtout d'énergie, car même s'il se veut proche du véritable espionnage, il finit par endormir le spectateur, notamment par son manque considérable d'enjeu. Les personnages principaux restent trop superficiels, même Guillaume Canet sauve difficilement un film qui, s'il est un exercice de style intéressant, ne peut se mesurer aux films de genre américains.
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