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Un blog regroupant les critiques et les articles de deux frères, cinéphiles amateurs mais érudits (un peu, en tout cas)

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Knight and Day

                                                   

 - Film américain sorti le 28 juillet 2010

 - Réalisé par James Mangold

 - Avec Tom Cruise, Cameron Diaz, Maggie Grace,…

 - Comédie, Action

            Lorsque June rencontre Roy, elle croit que le destin lui sourit enfin et qu'elle a trouvé l'homme de ses rêves. Pourtant, très vite, elle le suspecte d'être un espion et le cauchemar commence. Elle se retrouve traquée avec lui dans une course poursuite à travers la planète qui ne leur laisse aucun répit. Leur vie ne tient qu'à un fil et le danger est partout. Pour avoir une chance de s'en sortir, June et Roy doivent se faire confiance au point de se confier leurs vies. Mais est-ce bien raisonnable ?...

Cameron Diaz et Tom Cruise. Twentieth Century Fox FranceCameron Diaz et Tom Cruise. Twentieth Century Fox France

            Après une succession d'échecs, ou de succès tout relatifs au regard de son statut de superstar, Tom Cruise décide enfin de jouer et de se moquer de sa propre image afin de remonter sa côte de popularité et d'attirer de nouveau le public par son simple nom. En cela Knight and Day est le film parfait (impossible de garder la lamentable traduction française du titre qui, en plus de dénaturer le jeu de mot originel, passe à la trappe deux éléments essentiels du film). 

            La comparaison est évidente, Roy Miller est une version loufoque et légèrement inconsciente d'Ethan Hunt, le personnage principal de l'adaptation cinématographique de Mission Impossible à qui Cruise prête ses traits. Là où le bât blesse c'est justement avec le « légèrement ». A la grande différence du 0SS 117 version Dujardin, Roy Miller n'est jamais complètement crétin ou irresponsable. Un peu excentrique et excité à la limite. Mais il a toujours le contrôle de la situation et ne semble jamais inquiété, d'où un certain désintérêt pour le spectateur lors des scènes d'action par manque d'enjeux et de suspense. Ces dernières se démarquent cependant de celles des productions lambda par leur côté délirant, décomplexé et très second degré (un peu comme le récent Agence tous risques mais, fait notable, sans la caméra secouée et le montage survitaminé). Par contre le défaut non négligeable de ces séquences, qui enchainent les cascades les plus invraisemblables, est la médiocre qualité des effets spéciaux utilisés. Certes elle amplifie le côté légèrement « je-m'en-foutiste » et décomplexé de l'histoire, mais la volonté de réaliser un barnum visuel ne dispense pas d'un travail esthétique. Ici, certaines séquences feraient presque mal aux yeux par leur côté boursouflé d'images numériques peu crédibles ; et là ce sont les séquences sur l'autoroute, dans le train et au milieu des taureaux qui remportent la palme (ces derniers rappelant le mauvais souvenir d'Australia). 

            On l'aura donc compris, l'atout de Knight and Day n'est surtout pas dans son intrigue. Le but avoué du film, très louable d'ailleurs, est de faire passer un moment fun, divertissant au spectateur pour qu'il puisse en avoir pour son argent. Là où le film de Mangold se démarque de la production de genre de base, c'est d'abord par un humour assez présent et  efficace. Surtout dans la première moitié du film où on doute constamment de la santé mentale de l'agent interprété par Cruise et dont on ignore complètement les réelles motivations. Le spectateur s'identifiant au personnage de June, qui se fait complètement balader et manipuler par Miller, il assiste impuissant à un enchainement de séquences d'actions un brin surréaliste et incompréhensible ; le meilleur moment étant cette scène où l'on assiste du point de vue d'une June bien droguée à une succession de flash où Roy la sauve in extremis de différents véhicules en flammes. Mais Knight and Day perd une bonne partie de son rythme et de son originalité lors de la seconde moitié du film. Au même titre que le Hancock de Peter Berg qui partait d'une idée de base franchement séduisante (un super-héros alcoolique et noir à Los Angeles) avant de se rétracter sur un retournement de situation très malvenu qui replongeait le film dans le conformisme le plus total ; Knight and Day fait un mauvais pas en arrière avec une histoire de complot et de trahison, faisant sombrer le long-métrage de James Mangold dans une totale consensualité sur les motivations, et donc par extension sur la nature, de Miller. 

            Là où se rattrape un peu Knight and Day c'est dans ce qu'il nous montre de la star déchue Tom Cruise. Car si le film fonctionne malgré tout aussi bien ce n'est pas grâce à Cameron Diaz, pourtant assez crédible en femme effacée et dépassée par les évènements et qui va enfin réussir à s'affirmer lors de cette aventure. Ce sont encore moins les seconds rôles Peter Sarsgaard et Paul Dano, assez convaincants cependant même si honteusement sous-employés (surtout le dernier). Knight and Day est avant tout pour Tom Cruise un moyen de regarder toute sa carrière qui a débuté il y a maintenant près de trente ans. Sous ses airs de film de divertissement, on perçoit parfois quelques petits instants plus touchants où l'on assiste à la remise en question d'un grand acteur qui, depuis plus de cinq ans, se trouve dans une mauvaise passe notamment à cause de ses nombreuses frasques. Le moment le plus intéressant du film reste la découverte pour le spectateur de ce que « contenait » la maison espionnée par Miller qui la regardait sans cesse sur son portable. Le second moment le plus intéressant, qui suit immédiatement le premier, est la découverte par June d'une photo de Roy lorsqu'il avait presque vingt ans, c'est-à-dire au début de la carrière Cruise. Ce dernier avec Knight and Day, comme il l'a fait avec son personnage de producteur vulgaire et laid dans Tonnerre sous les Tropiques, s'acharne à démystifier son image d'icône sexy et de jeune premier solitaire dans des films d'action taillés sur-mesure pour valoriser son image. Et quoi de mieux dans ce cas-là que la comédie, pour laquelle Tom Cruise est finalement étonnamment doué ? Knight and Day marque aussi la fin d'une période pour Cruise car lui aussi vieillit (en témoigne la scène nostalgique de la photo)  et ne va pas pouvoir continuer longtemps à jouer les beaux héros dans les films d'espionnage qu'il affectionne temps (en plus de la série M : I, il devait jouer dans Salt, The Tourist et The Matarese Circle de Cronenberg). En témoigne ces rumeurs sur Mission Impossible 4 de Brad Bird où Cruise, en plus de voir son salaire très à la baisse, doit se préparer à être remplacé par une nouvelle recrue si d'autres épisodes il y a. 

            Le film de Mangold est donc un divertissement honorable qui se double d'une comédie plutôt efficace. Mais nul doute que le film doit beaucoup à la présence de Cruise qui vient ici de passer probablement un cap important dans sa carrière. Un nouveau cycle où il va devoir se réinventer. Et ça tombe bien puisque Guillermo Del Toro le veut en rôle principal de son adaptation très attendue d'une nouvelle d'H. P. Lovecraft, Les Montagnes Hallucinées, produite par James Cameron.

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Cameron Diaz et Tom Cruise. Twentieth Century Fox FranceCameron Diaz et Tom Cruise. Twentieth Century Fox France

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