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Un blog regroupant les critiques et les articles de deux frères, cinéphiles amateurs mais érudits (un peu, en tout cas)

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Real Steel

                                     

 - Titre original : Real Steel

 - Film américain sorti le 19 octobre 2011

 - Réalisé par Shawn Levy

 - Avec Hugh Jackman, Dakota Goyo, Evangeline Lilly,… 

 - Science-fiction, Action, Drame

                   Dans un futur proche, la boxe a évolué pour devenir un sport high-tech. Charlie Kenton, un ancien boxeur, a perdu toute chance de remporter le championnat depuis que les humains ont été remplacés sur le ring par des robots d’acier de 900 kilos et de 2,40 m de haut. A présent, il n’est plus qu’un manager minable qui utilise des robots bas de gamme fabriqués à partir de pièces de récupération. Il gagne juste assez pour survivre d’un combat à l’autre. Lorsque Charlie touche le fond, il accepte à contrecœur de faire équipe avec son fils Max, qu’il a perdu de vue depuis des années, pour construire et entrainer un champion. Dans l’arène où tous les coups sont permis, les enjeux sont plus élevés qu’ils ne l’ont jamais été. Contre toute attente, Charlie et Max ont une chance, une seule, de faire leur grand retour…

                Il y a des films comme ça qui n’inspirent pas du tout confiance. Real Steel par exemple. D’abord parce que c’est réalisé par Shawn Levy, metteur en scène qui a seulement réussi à fabriquer le sympathique La Nuit au Musée au milieu d’une filmographie peu enviable. Aussi parce qu’il met en scène Hugh Jackman qui, s’il dispose d’une personnalité des plus sympathiques, n’a pas souvent eu l’occasion de prouver son talent d’acteurs (Le Prestige reste de loin sa plus belle performance) et que sa filmographie n’est pas des plus éblouissantes. Et surtout par son concept : mélanger le film de boxe classique avec des robots sorti de Transformers alors qu’il y avait eu auparavant cette année Fighter et Warrior. 

                Que tirer donc de ce concept faussement nouveau, déjà sujet d’un très bon épisode des « Simpson » et d’un autre de « La Quatrième Dimension », tiré d’un roman de Richard Matheson ? A priori pas grand-chose. Après visionnage, il est évident que nos craintes ont été confirmées. Le film en est-il mauvais ou inefficace pour autant ? Etonnamment non. On peut même être très surpris de la maîtrise inattendue de Shawn Levy qui ne nous avait pas habitués à un tel traitement. Si les scènes de dialogues ne sont pas filmés avec un enthousiasme débordant, vu leurs teneurs c’est même assez compréhensible, les séquences de combat sont quand à elles mises en scène avec une belle efficacité et, osons le mot, un certain talent. Real Steel n’est en rien une révolution du genre ou une œuvre marquante. Le long-métrage souffre déjà bien trop de la concurrence « proche » avec Warrior et Fighter, bien plus émouvant et mieux mis en scène. 

                Néanmoins, il serait injuste d’enfoncer Real Steel pour cette unique raison. Car Shawn Levy a réussi à faire un bel ouvrage à la fois classique mais assez prenant. Le scénario emprunte donc une structure complètement balisée qui a largement fait ses preuves et passe ainsi par toutes les étapes obligées imaginables. La seule différence, c’est qu’au lieu d’avoir un « poulain » que rien ne prédestine à la victoire, on a droit à un vieux robot bon pour l’entrainement des autres mécaniques hyper évoluées de combat. Si d’un point de vue formel c’est parfois un peu inconsistant, la photographie notamment mais aussi la musique de Danny Elfman, et qu’il y a une baisse de rythme au bout d’une heure et demi, Real Steel arrive cependant à dévoiler quelques bonnes idées. La première concerne le parcours du personnage principal qui amène Real Steel à être bien plus proche d’une production Spielberg que ne le fut cette année la tentative de contrefaçon de J.J. Abrams avec Super 8. 

                Comme la majorité des films de Spielberg (surtout des années 80 vers lesquelles, par son esthétisme, le film à tendance à tendre), Real Steel met en scène une famille décomposée. La mère vient de décéder et le père qui ne s’est jamais occupé de sa progéniture se retrouve tout un été en sa compagnie. Un père ringard et escroc qui semble évidemment n’avoir aucun instinct familial. Cette aventure va donc avoir pour objectif de le rapprocher de son fils, que sa belle-sœur entend bien récupérer afin de le gaver de cadeaux couteux, oubliant que l’argent ne fait pas forcément le bonheur. On retrouve ainsi une certaine inspiration du côté des premiers films de Spielberg, d’autant plus que Real Steel met assez en avant le jeune garçon (joué par un acteur particulièrement insupportable malheureusement). De même, la relation qui s’établit entre ce dernier et le robot, sorti de nulle part et qui le sauve d’une mort certaine, n’est pas sans rappeler celle qui liait Elliot et E.T. dans le classique de Spielberg. 

                 L’autre bonne idée du film est la « personnalité » des robots. Alors que les machines deviennent de plus en plus perfectionnées, techniquement parfaites et contrôlées par tout un staff d’informaticiens, le père et le fils vont prendre sous leur aile un robot dépassé qui se basait encore sur un système de miroir où il recopiait les gestes humains. Levy refait ainsi le combat de David contre Goliath en faisant affronter un robot vaincu d’avance avec une machine ultra-élaborée conçu par un génie du nom de Mashido et possédée par une riche femme d’affaire sans cœur. Ou comment montrer la victoire ou la supériorité de l’élément humain au sein d’une discipline et d’un monde entièrement voué à la perfection mécanique. La victoire du « petit » robot impliquerait rien de moins que le retour de « l’humain » dans la boxe qui en avait été exclu afin d’obéir à la loi du toujours plus spectaculaire et pyrotechnique. 

                Pour symboliser ce combat binaire, Levy exacerbe les caractéristiques des deux camps pour les montrer comme des antagonistes. Les héros apparaissent comme désargentés, s’entrainant et vagabondant dans des lieux ruraux, adeptes de l’entrainement physique qui oblige une implication forte de l’entraineur ; tandis que Mashido s’habille de façon ostentatoire, agit comme un vrai gourou et fait une confiance aveugle à l’évolution de la technologie censée faire tout le travail. Le combat final est des plus jouissifs, bénéficiant du rythme et de la montée en puissance du récit qui devait tendre à cet instant. Et c’est vraiment là que l’on voit que Real Steel est bien plus proche du film de boxe que du « blockbuster à gros robots ». C’est lors de ces dix dernières minutes que l’influence des Fighter, Ali et surtout de la série des Rocky devient complètement évidente, malgré l’esprit très Disney que le film pouvait prendre auparavant (dans ce que le terme a de plus péjoratif : gamin insupportable, scènes moralisatrices, séquences de danse embarrassante…). Au point que le combat final ressemble à une relecture de celui du premier Rocky : même structure elliptique, durée étirée car la victoire ne peut venir que par l’encaissement des coups, issue quasi similaire… sans compter que l’ennemi est un « robot » russe surentrainé à l’aide de « gadget » comme Dolph Lundgren dans Rocky 4. 

                Mais le plus important est le plaisir que l’on tire de cette « success story » des plus typiques. Et de ce point de vue, Real Steel est réussi  puisqu’il arrive à créer un final en forme d’apothéose émotionnelle. Le genre de fin prévisible mais jubilatoire où tous les protagonistes se pardonnent le temps de quelques minutes, lié par un objectif commun : la victoire. La plus grande surprise est de voir un tel film de studio ne pas céder sous la débauche pyrotechnique (des robots géants qui se castagnent peuvent être l’excuse de tout un tas de délire, n’est-ce pas Mr Bay) pour au contraire favoriser l’humain et l’émotion. Et malgré tous ses (nombreux) défauts, le spectacle est des plus plaisants. S’il était sorti cet été, nul doute qu’avec la concurrence assez minable il n’aurait eu aucun mal à obtenir le titre du meilleur blockbuster estival. 

NOTE à 6,5 / 10

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