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Un blog regroupant les critiques et les articles de deux frères, cinéphiles amateurs mais érudits (un peu, en tout cas)

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Tournée

                                                     

 - Film français sorti le 30 juin 2010

 - Réalisé par Mathieu Amalric

 - Avec Mathieu Amalric, Miranda Colclasure, Suzanne Ramsey,…

 - Comédie, Drame

            Producteur de télévision parisien à succès, Joachim avait tout plaqué - enfants, amis, ennemis, amours et remords - pour repartir de zéro en Amérique à l'aube de ses quarante ans. Il revient avec une tournée de strip-teaseuses « New Burlesque » à qui il a fait fantasmer la France : Paris ! De port en port, l'humour des numéros et les rondeurs des filles enthousiasment les hommes comme les femmes. Et malgré les hôtels impersonnels, leurs musiques d'ascenseurs et le manque d'argent, les « showgirls » inventent un monde extravagant de fantaisie, de chaleur et de fêtes. Mais leur rêve d'achever la tournée en apothéose à Paris vole en éclat : la trahison d'un vieil « ami » fait perdre à Joachim la salle qui leur était promise. Un bref aller et retour dans la capitale s'impose, qui rouvre violemment les plaies du passé...

Mathieu Amalric et Miranda Colclasure. Le PacteMathieu Amalric et Miranda Colclasure. Le Pacte

            Mathieu Amalric, acteur à l'emploi du temps très chargé, a enfin réussi à trouver un moment pour réaliser son projet sans cesse repoussé. Le résultat n'est autre que Tournée qui a fait un passage très remarqué à la Croisette, qui a reçu un accueil critique très favorable, qui était considéré comme l'un des grands favoris pour la Palme d'Or et qui est reparti avec le très honorable prix de la mise en scène.

            Prix que l'on peut légitimement considérer comme un lot de consolation tant le film de Mathieu Amalric ne brille sûrement pas par sa mise en scène. Souvent mal cadré pour se donner un côté film indépendant, caméra à l'épaule comme s'il filmait un making-of ou un reportage sur une tournée, le long-métrage d'Amalric déçoit pas mal de ce côté-là, surtout au vu de ses illustres prédécesseurs ayant remporté le même prix. Les numéros de strip-tease, dont on peut louer l'inventivité, l'humour et la subversion, ne sont jamais filmés de manière originale, souvent du point de vue de Joachim. Le deuxième problème vient cette fois du scénario. D'abord parce que celui-ci n'est pas vraiment tourné vers la troupe de strip-teaseuse mais encore une fois vers le personnage interprété par Amalric. Sans compter le fait que l'intrigue soit assez mince puisqu'elle tourne essentiellement sur les tentatives de Joachim de retrouver une salle parisienne afin de faire son grand retour. S'en suit une importante incartade en solitaire dans la capitale qui a surtout pour but de nous éloigner du sujet et qui frôle parfois la caricature du film indépendant : misérabilisme, jeu approximatif…

            Ce dernier point fait aussi baisser la qualité du film, Amalric ayant souhaité des non-professionnels pour faire plus « vrai » (mais le but d'un vrai acteur n'est-il pas justement d'être plus vraisemblable ?). Le résultat est plus que mitigé. Les femmes de la troupe, qui jouent un peu leur propre rôle n'ont pas de difficulté à dire leurs textes et arrivent à transmettre une certaine crédibilité et sincérité au spectateur. Amalric, acteur très confirmé pour le coup, est dans l'ensemble assez juste mais n'évite pas le surjeu, souvent volontairement comique certes, dont il est assez friand (douloureux souvenirs de Quantum of Solace ou du très récent Adèle Blanc-Sec). Mais cette volonté de l'amateurisme à tout prix dessert le film lorsqu'il s'agit de rôles de second plan. Les deux enfants de Joachim n'arrivent pas à déclamer leurs dialogues sans avoir perpétuellement l'air de réciter un poème appris la veille (bon, mettons-ça sur le compte de leur jeune âge et de leur inexpérience). La scène du supermarché en est un autre exemple flagrant, qui pourtant partait d'une idée assez marrante, où la caissière déverse au final un flot d'insultes sans réussir un instant à faire croire à son personnage et à sa réaction plus qu'excessive tant elle en fait des tonnes. A côté de ça, Amalric donne des rôles à quelques uns de ses amis quant il n'en donne pas un à la rédactrice en chef de « Première » (peut-être que cela aide à avoir de bonnes critiques ?).

            Vu comme ça, le film semble être une catastrophe complète. Quand même pas. Il en ressort quelques moments touchants et entrainants, mais la plupart demeurant les trop rares numéros de la troupe du « New Burlesque ». Ces femmes, quand elles ne sont pas écartés au profit du « martyr » de Joachim, arrivent à transmettre une énergie et un humour plus que communicatifs qui sauvent plus d'une fois Tournée. Néanmoins, à cause du détournement de l'histoire sur Joachim, certaines des cinq femmes ne sont pas assez présentes pour être assez bien écrites. Celle qui s'en tire le mieux est Mimi Le Meaux (jouée par Miranda Colclasure) puisqu'elle est en fait la femme dont s'éprend Joachim. Tournée redevient intéressant lorsqu'il s'intéresse à la déception de ces femmes qui rêvent de la France et du glamour illusoire de Paris, image par laquelle Joachim les a amené à quitter leur pays natal. A ce moment-là, Tournée devient un film un peu mélancolique, pessimiste, presque dépressif, mais arrive juste à temps à redresser la barre avec un peu d'humour et une pointe d'optimisme de la part des cinq demoiselles.

            Cependant il est difficile de ne pas se sentir déçu par ce que la critique avait considéré comme le film le plus énergique, drôle et jubilatoire de ce dernier festival de Cannes ; ce qui en dit assez long du niveau de la Sélection cette année. En fait, Tournée peu s'apparenter au très encensé Watchmen - Les Gardiens de Zack Snyder sorti l'année précédente : intéressant et potentiellement riche par le sujet et le « monde » qu'il présente mais qui pâtit d'une réalisation et d'une écriture pas à la hauteur, qui en reste au minimum syndical, voire qui s'en détourne.

* * * * *                                                                                                   

Mathieu Amalric. Le PacteMiranda Colclasure. Le Pacte

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C
Eh ben mon papa il l'a trouvé POURRI
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