Un blog regroupant les critiques et les articles de deux frères, cinéphiles amateurs mais érudits (un peu, en tout cas)
- Film hong-kongais sorti le 20 mai 2009
- Réalisé par Johnnie To
- avec Johnny Hallyday, Sylvie Testud, Simon Yam,
- Action, Thriller
Un père vient à Hong Kong pour venger sa fille, victimes de tueurs à gage. Sur son passeport est marqué « cuisinier ». Vingt ans plus tôt, il était un tueur professionnel...
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Comment faire un film original et passionnant en partant d'une idée de scénario plus que simpliste et archi utilisée ?
La première chose est d'avoir de bons acteurs. Ici Johnnie To va utiliser un acteur inattendu, surtout dans ce genre de film, ce qui va constituer une première attraction pour le spectateur. Cet acteur n'est autre que le fameux chanteur que le monde entier nous envie : Johnny Halliday. L'idée semble au départ ridicule, et on commence à craindre le pire quand on l'entend dire ses premières répliques françaises d'un ton assez maladroit et peu convaincant. Il se débrouille étonnamment mieux en anglais malgré un accent à couper au couteau. Mais n'ayant que peu de dialogue dans le film il se rattrape plutôt bien car possédant un certain charisme et un regard déchirant.
La seconde chose, et c'est ce qui va rendre le film de To vraiment marquant, c'est sa mise en scène. En effet si le scénario reste assez classique, un père qui décide de se venger de la mort de sa fille, To réussit à rendre son film original par sa réalisation et notamment ses séquences de fusillades. Beaucoup de ralentis certes, mais tous sont cadrés au millimètre. Le film est en grande partie nocturne et Johnnie To joue particulièrement sur l'alternance d'ombres et de lumières, et surtout des lumières artificielles des mégapoles asiatiques. Cela donne à Vengeance une impressionnante virtuosité technique entre autres dans la séquence de « gunfight » nocturne dans une forêt où la Lune, parfois caché par un nuage, cache ou révèle des personnages, ou encore dans la séquence de « gunfight », diurne cette fois, où les adversaires se cachent derrière des empaquetages de vieux journaux. Sur un aspect purement visuel, le film balance entre noirceur (la nuit) et lumière (couleurs très vives des éclairages de la ville).
Très réaliste, peu de dialogue pour favoriser les silences et les regards qui en disent long, ce film est clairement influencé par les films de Jean Pierre Melville (Le Cercle Rouge, Un Flic, Le Samouraï), mais, il faut bien émettre une réserve, sans pour autant réussir à égaler ses modèles. Mais les dix dernières minutes de Vengeance sont particulièrement intenses et laisse entrevoir un Johnny Hallyday plus émouvant que jamais.
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