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Un blog regroupant les critiques et les articles de deux frères, cinéphiles amateurs mais érudits (un peu, en tout cas)

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Les Flingueuses

Titre original : The Heat

Film américain sorti le 21 août 2013

Réalisé par Paul Feig

Avec Sandra Bullock, Melissa McCarthy, Demian Bichir,…

Comédie, Policier

D'un côté il y a l’agent spécial du FBI, Sarah Ashburn, une enquêtrice rigoureuse et méthodique dont la réputation la précède tant pour son excellence que son arrogance démesurée. De l'autre l’agent de police de Boston, Shannon Mullins, reconnue pour son fort tempérament et son vocabulaire fleuri. L’une comme l’autre, n’ont jamais eu de partenaire dans le travail… ni vraiment d’amis. Ainsi, lorsque ces deux représentantes de la loi radicalement opposées sont obligées de faire équipe pour arrêter un baron de la drogue sans pitié, elles se retrouvent à devoir lutter non seulement contre un puissant syndicat du crime, mais aussi et surtout contre l’envie de s’entretuer.

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Il y a deux ans, l’excellent Mes Meilleures Amies de Paul Feig avait fait souffler un agréable vent de nouveauté dans le paysage de la comédie américaine. Sa principale audace avait été de donner la part belle à des personnages féminins au milieu d’une concurrence souvent dominée par quelques figures masculines (Steve Carrell, Ben Stiller, Jim Carrey, Seth Rogen, Jack Black, Jonah Hill ou encore Will Ferrell). On y voyait des femmes jurer, roter, parler ouvertement de sexe et de tout un tas d’autres sujets que l’on croyait être exclusivement l’apanage du mâle. Bref, ces étranges « créatures » que l’on avait tendance à magnifier se révélaient aussi troublées, angoissées, libérées, préoccupées et déconneuses que n’importe quel homme. Le résultat donnait lieu à un long métrage absolument hilarant derrière lequel était tissé en arrière-plan quelques idées pas inintéressantes : la peur du paraitre, du célibat et des responsabilités, une réflexion sur l’amitié ou encore l’acceptation du temps qui passe. L’alchimie entre les actrices était évidente et était pour beaucoup dans la réussite humoristique, mais aussi émotionnelle, de ce véritable carton au box-office étasunien.

Paul Feig revient cet été avec son second long métrage qui ne se démarque pas tant que ça de son précédent essai. Les Flingueuses n’est pas une comédie révolutionnaire sur la forme, ni franchement sur le fond. Mes Meilleures Amies, hormis son décalage « genré », ne l’était pas vraiment plus, ce qui ne sacrifiait en rien à son efficacité. En l’état, Les Flingueuses est un « buddy movie » policier comme on en a vu des centaines auparavant. Deux flics complètement opposés se retrouvent obligés de coopérer sur une enquête difficile qui patine au départ à cause du manque de cohésion et d’appréciation entre les deux compères. Mais l’inévitable « happy end » du long métrage tient toujours moins à la réussite de l’enquête elle-même que dans la naissance d’une amitié indéfectible entre les deux anciens collaborateurs devenus potes pour la vie. L’Arme Fatale, Last Action Hero, Men in Black, la parodie Hot Fuzz… Le genre était très à la mode pendant les années 1980 et 1990 puisqu’il compte à présent une foultitude d’avatars plus ou moins réussis et passionnants. Le film de Paul Feig ne dévie jamais de cette recette si ce n’est sur un détail : les deux flics sont des femmes.

Là encore cela entraine un étonnant décalage avec le reste de la production davantage « testostéronée ». Les deux héroïnes se retrouvent ainsi régulièrement victimes du machisme borné de leurs supérieurs et de leurs collaborateurs qui ne comprennent pas trop ce qu’une femme pourrait faire de mieux qu’un homme dans le domaine de la police. Néanmoins, ce changement de point de vue ne va jamais plus loin que l’arrière-plan du long métrage. La dynamique du duo n’est pas fondamentalement bouleversée par le changement de sexe des deux personnages principaux. C’est la limite de la démarche puisque montrer que les femmes ont les mêmes préoccupations et font exactement la même chose que les hommes annihile un peu l’effet du changement de sexe « opéré » sur les deux enquêteurs. Ces deux derniers auraient pu être des hommes sans que cela ne change franchement le contenu et l’exécution du long métrage si l’on ôte le petit message féministe que tente de placer discrètement le réalisateur. Ca-et-là, on retrouve quand même quelques audaces discrètes concernant le choix de ces deux actrices qui ne correspondent pas vraiment aux critères « esthétiques » hollywoodiens.

D’un côté, il y a la mégastar Sandra Bullock. Actrice célèbre dans les années 1990 pour ses films d’action comme les excellents Speed et Demolition Man, elle a connu des revers dans sa carrière après le « flop » de l’aberrant Speed 2 (même budget que le Titanic à l’époque avec un résultat pour le moins très… opposé). Elle a commencé à se refaire une santé avec quelques seconds rôles, notamment dans le très politiquement correct Collision de Paul Haggis, avant de revenir au top du box-office en 2010, année au cours de laquelle elle remporta un oscar pour The Blind Side ainsi qu’une récompense très « publicitaire » de la part des idiots consensuels qui organisent les Razzie Awards. L’actrice s’apprête à revenir dans deux mois pour prouver l’étendue de son talent dans l’ambitieux, et a priori époustouflant, Gravity d’Alfonso Cuaron, projet qu’elle sauva de justesse en acceptant d’interpréter le rôle principal. Si elle fait jeune pour son âge, il est très réconfortant de la voir tenir le premier rôle d’une comédie disposant d’un gros budget. L’ironie et l’humour sont peut-être les solutions pour survivre dans un Hollywood où la date de péremption des actrices ne va que rarement au-delà des quarante ans.

De l’autre côté, il y a la ronde Melissa McCarthy. Cette dernière était déjà présente dans Mes Meilleures Amies où elle avait livré une prestation franchement inoubliable, notamment lors de la séquence tordante voyant l’essayage de la robe de mariée. Ici, elle a davantage de place pour briller sachant que son statut de comédienne humoriste a pris une autre ampleur depuis le précédent film de Feig. Les deux femmes ne correspondent pas non plus physiquement aux critères de Hollywood. Les Flingueuses s’en moque d’autant plus qu’il intervertit les caractéristiques que leur personnage aurait dû avoir en fonction de leur physique. L’icône glamour des années 1990 interprète une célibataire coincée, plus intelligente que franchement faite pour les assauts et les fusillades. L’actrice rondouillarde et vulgaire incarne au contraire une femme bien dans sa peau qui rend fou ses anciennes conquêtes masculines qui la poursuivent éperdument et qui est capable d’assurer sur le terrain lors des arrestations et des poursuites. Les Flingueuses s’amuse donc avec les clichés du cinéma américain en permettant à deux actrices d’endosser des rôles à contre-emplois en faisant un gentil doigt d’honneur à un Hollywood qui n’aurait pas hésité à les jeter à la poubelle. Aussi peu novateur soit-il, Les Flingueuses reste avant tout un divertissement très honnête, bien rythmé et riche en situations à même de faire mourir d’hilarité le spectateur (la scène de danse qui est à pleurer de rire, la fausse trachéotomie, et la classique séquence de biture qui part en sucette). La mise en scène de Paul Feig, bien que très classique, parvient à rendre justice à ce script impeccablement écrit

NOTE : 7 / 10

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