Un blog regroupant les critiques et les articles de deux frères, cinéphiles amateurs mais érudits (un peu, en tout cas)
- Film français et grec sorti le 11 février 2009
- Réalisé par Costa-Gavras
- avec Riccardo Scamarcio, Eric Caravaca, Ulrich Tukur,
- Drame
Comme dans « l'Odyssée », c'est en mer Egée que l'aventure d'Elias, un héros sans légende, commence. Sur la même mer, sous le même soleil et le même ciel qu'à l'aube de la civilisation. Après bien des péripéties, dont une escale au paradis (un hôtel luxueux) et un bref séjour en enfer (travail au noir), son épopée finit magiquement à Paris, la ville que chaque errant voit briller au plus profond de lui-même et image de cet « Eden » qu'il recherche.
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Costa-Gavras a toujours été un cinéaste engagé, et cela depuis Z en 1969 sur la Dictature des Colonels en Grèce jusqu'à Amen en 2002 où il dénonçait le silence du Vatican sur l'extermination des Juifs durant la Seconde Guerre mondiale. Il revient avec Eden à l'Ouest, l'épopée d'un exilé qui tente d'arriver à Paris.
Costa-Gavras signe ici un film décevant car il (le film et le réalisateur) n'arrive pas à choisir entre fable poétique et critique réaliste de la société. C'est par cette impossibilité de choisir entre réalité et fiction, entre vision sérieuse et vision naïve qu'Eden à l'Ouest échoue à véritablement toucher le public. Le spectateur ne peut-être que désarçonné par ce réalisme de pacotille. En choisissant la fable, Costa-Gavras nous met à distance de l'histoire. Par exemple la scène où des touristes s'amusent à chasser des exilés qui se cachent dans l'hôtel est absolument surréaliste. Vers la fin du film, une scène est plus ridicule encore, il s'agit de la rencontre entre le démuni Elias et une dame du XVIème arrondissement qui va le prendre en pitié et l'aider parce qu'il ressemble à un homme qui a disparu de sa vie (son fils ou son mari ?). Pendant qu'Elias attend cette dernière, une petite fille de la haute société va le croiser dans l'escalier et aura un mouvement de recul. Si l'on comprend l'idée et la confrontation que Costa-Gavras a voulu donner,cette scène est montrée de manière trop caricaturale et trop fortuite pour être honnête.
Mais dans le même temps, certaines scènes émergent du film, pleines de poésies et qui s'inspire nettement des films muets et particulièrement de l'humour des films de Chaplin, un humour qui n'a pas besoin d'être dit, mais qui est ressenti, purement visuel. Ce sont ces quelques scènes qui illuminent le film, principalement celles avec le magicien Nick Nickelby, joué par l'excellent Ulrich Tukur, une sorte de modèle, de pseudo-figure paternelle pour Elias. Eden à l'Ouest permet alors de nombreuses rencontres assez touchantes mais aussi pleines de naïveté. Le film de Costa-Gavras est donc à la fois triste et drôle, poétique et cru, réaliste et naïf, voire presque niais. Eden à l'Ouest est un film étonnant, charmant, mais totalement immature dans le sens où il ne semble jamais achevé, jamais accompli et que même la fin, aussi belle et triste soit-elle, n'arrive pas à enlever au spectateur ce sentiment de vacuité.
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