Un blog regroupant les critiques et les articles de deux frères, cinéphiles amateurs mais érudits (un peu, en tout cas)
- Film américain sorti le 30 septembre 2009
- Réalisé par Steven Soderbergh
- Avec Matt Damon, Scott Bakula, Joel McHale,
- Comédie, Thriller
Quelle mouche a donc piqué Mark Whitacre? Pourquoi un des cadres supérieurs les plus brillants du géant agroalimentaire Archer Daniel Midlands (ADM) décide-t-il soudain de dénoncer les pratiques de sa société et de devenir le chevalier blanc du consommateur ? Se prend-il pour un justicier ? Un héros ? Espère-t-il une médaille ou la reconnaissance éternelle du bon peuple ? Avant d'obtenir tout cela, Whitacre va devoir fournir au FBI des preuves concrètes des manoeuvres illicites d'ADM. Porter un micro, jouer les agents secrets... L'ennui c'est qu'il a tiré lui-même des profits non négligeables des dites manoeuvres, et que son témoignage, pour le moins fluctuant, risque fort de compromettre des enquêteurs. Peut-on alors se fier à cet homme à l'imagination galopante ? Y a-t-il d'ailleurs la moindre parcelle de vérité dans ses allégations ?
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S'il y a un réalisateur ambigu, c'est bien Steven Soderbergh. Adulé (assez souvent en tout cas) par la presse spécialisée, il a remporté la Palme d'Or à 26 ans (un record) pour Sexe, mensonges et vidéo, il a eu un oscar en 2001 pour Traffic, il s'offre des castings impressionnants et touche à tous type de sujet. Où est alors le problème ? C'est que de toute évidence, Steven Soderbergh ne possède pas le même atout qu'un autre Steven S. (Spielberg, pour ceux qui ne l'aurait pas compris) pour rendre ses films passionnants notamment au public (qui paye suffisamment cher pour voir des films), qu'ils soient indépendants ou, plus embêtant, commerciaux.
Le dyptique du Che est là pour le prouver : intéressant sur la technique mais d'un ennui profond sur le sujet (quelle est franchement l'utilité de faire un second opus qui serait l'antithèse du premier si c'est pour revoir pendant deux heures des hommes se cacher dans la jungle ?). Même constat pour Traffic, qui est sympa sur la forme (bien qu'objectivement, il a eu un oscar pour avoir mis des filtres de couleurs différentes selon les personnages, bonjour l'innovation) mais très faible sur le fond (en gros, la drogue, ce n'est pas bien). Passons sur la série des Ocean's qui se contente surtout d'un GROS casting pour faire mousser le public qui ne semble pas mériter un bon scénario selon Soderbergh.
Alliant films indépendants pompeux et creux (voir les échos de son récent Girlfriend Experience) et film commerciaux mou du genou, on ne pouvait qu'être inquiet sur son prochain film « destiné au public », The Informant !. Effectivement, la bande annonce est trompeuse. Pas de rythme effréné (mais alors à l'extrême opposé d'un autre film d'escroc, Arrête-moi si tu peux de Spielberg), pas de scène marquante car presque la totalité du film se limite à des dialogues sans queue ni tête dans des bureaux, absence totale d'humour ou de suspense ce qui constitue un comble incroyable pour une comédie d'espionnage, histoire incompréhensible mais qui semble en fin de compte avoir peu d'importance, surtout pour Soderbergh qui se contente de faire dire des mensonges à son personnages et ainsi à perdre encore plus le spectateur,
L'argument phare du film (l'unique même quand on regarde le produit fini) est Matt Damon qui a pris quelques kilos, un faux menton et une perruque pour interpréter un personnage ayant réellement existé. Vous n'entendez rien ?... Tadaa !!! Rôle à oscar !!! Hormis le fait que c'est une démarche honorable pour Matt Damon, qui livre malgré tout une interprétation assez fade à cause d'un personnage pas vraiment attachant, cela devient vraiment énervant de vendre un film sur « l'interprétation impressionnante » d'un acteur, son métier étant quand même de devenir un personnage.
The Informant ! se limite à une simple astuce : raconter n'importe quoi car tout est un mensonge (et surlignez le d'une voie off qui aggrave encore un peu plus la compréhension). C'est un peu court surtout pour un twist ending. Inutile de s'attardez sur les personnages secondaires vu le peu d'empathie qu'on éprouve pour « le héros ». C'est donc un nouveau ratage, presque complet, pour Steven Soderbergh si l'on excepte une photographie assez travaillée et une BO très agréable.
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