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Un blog regroupant les critiques et les articles de deux frères, cinéphiles amateurs mais érudits (un peu, en tout cas)

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Thirst, ceci est mon sang

                                                      Le Pacte

 - Film sud-coréen sorti le 30 septembre 2009

 - Réalisé par Park Chan-wook

 - Avec Song Kang-Ho, Kim Ok-vin, Kim Hae-Sook,…

 - Drame, Thriller, Fantastique

          Sang-hyun est un jeune prêtre coréen, aimé et respecté. Contre l'avis de sa hiérarchie, il se porte volontaire pour tester en Afrique un vaccin expérimental contre un nouveau virus mortel. Comme les autres cobayes, il succombe à la maladie mais une transfusion sanguine d'origine inconnue le ramène à la vie. De retour en Corée, il commence à subir d'étranges mutations physiques et psychologiques : le prêtre est devenu vampire. Mais la nouvelle de sa guérison miraculeuse attire les pèlerins malades qui espèrent bénéficier de sa grâce. Parmi eux, Sang-hyun retrouve un ami d'enfance qui vit avec sa mère et son épouse, Tae-Ju. Il succombe alors à la violente attirance charnelle qu'il éprouve pour la jeune femme...

 

Song Kang-Ho. Le PacteKim Ok-Bin. Le Pacte

          On se souviendra longtemps de la claque que nous avait infligé le réalisateur sud-coréen Park Chan-wook en 2004 avec l'ultraviolent Old Boy. Cette année, il était de nouveau en compétition à Cannes avec un film horrifico-érotique de vampire, Thirst, qui est reparti avec le Prix du Jury, ex-æquo avec Fish Tank. Il y retrouve un de ses acteurs fétiches, Song Kang-Ho, que l'on pouvait déjà voir dans deux autres films de Park Chan-wook, Joint security area et Sympathy for Mr. Vengeance, mais aussi dans deux grands films de Joon-ho Bong, Memories of Murder et The Host.

          Connaissant le réalisateur, on pouvait déjà être certain que son film serait, en quelques sortes, l'anti-Twilight. Après avoir vu le film, on ne peut que le confirmer. Thirst est un film particulièrement violent qui ne lésine pas sur l'hémoglobine (à l'inverse du film de Catherine Hardwicke, et probablement des prochains, mais l'on peut toutefois noter une similitude : l'absence des longues canines). Park Chan-wook réalise donc une nouvelle fois un film éprouvant par quelques scènes chocs (égorgements, démembrements, scarifications, brûlures...). A l'inverse de la volonté pathétique de modernisation du mythe par Twilight, Thirst est un film qui se veut très érotique (le vampire n'est-il pas, à l'origine, la métaphore de la tentation sexuelle et du péché ?). Cette question, Park Chan-wook la traite constamment, notamment en faisant de son héros un prêtre qui essaiera de ne pas succomber à la femme de son ami (la jeune tentatrice qui assumera mieux son rôle de vampire) et de ne pas aller à l'encontre de la foi qu'il professe. Il y a donc, de temps à autre, des scènes de sexes plutôt explicites qui peuvent heurter mais qui illustre parfaitement cette passion sauvage, parfois à la limite du masochisme, qui anime le couple interdit.

         S'il y a quelques défauts à ce film, comme la réapparition récurrente, parfois ridicule, d'un mort (défaut semblable à Un Prophète) et les quelques longueurs, Thirst possède de nombreuses séquences magnifiques : celle de la première (et complète) relation sexuelle entre les deux protagonistes principaux, celle de la longue transformation en vampire de Tae-Joo ou celle, semblable à l'ouverture d'Inglourious Basterds de Tarantino, où une longue conversation, autour d'une table, sur le langage du regard aboutit à un massacre féroce après que les invités aient découvert la véritable nature de leurs « amis ». Mais la plus belle des scènes est sans nul doute le final, quasi muet, où les amants luttent en haut d'une falaise, face à la mer. La jeune femme refuse d'être exposé au soleil levant qui la tuerait, le prêtre veut mettre fin à la malédiction de celle qu'il aime et à la sienne. Cette scène est révélatrice d'un aspect plutôt inattendu pour ce film. En effet, Thirst est aussi un film qui mélange les genres (un peu comme un certain Tarantino, qui envisageait en tant que Président du Jury de remettre la Palme d'Or à un certain... Old Boy). Le dernier film de Park Chan-wook se veut d'abord être un film d'horreur gore, mais est aussi un film érotique, un drame, un film fantastique, et enfin est un film comique. L'humour y est souvent noir, notamment lorsque le « fantôme » du meurtre  qu'a perpétré le prêtre Sang-Hyun apparait dans n'importe quelles circonstances (même lorsque les deux amants font l'amour) ou encore par les différentes méthodes qu'emploie le personnage principal pour sustenter sa soif. La scène finale, malgré les enjeux dramatiques qui s'y déroulent, peut faire sourire face à l'inventivité de Tae-Joo et les stratagèmes qu'elle emploie.

          Au niveau de l'esthétisme, Park Chan-wook ne faillit pas à sa réputation et offre des séquences stylisées audacieuses (par la mise en scène, les mouvements de caméra,...) et poétiques (le meilleur exemple est cette belle scène nocturne où le couple de vampire se dispute en sautant de toit en toit). Thirst est donc un film très plaisant, un poil trop long (notamment à cause des séquences avec cet autre prêtre aveugle qui veut devenir un vampire pour retrouver la vue) et très violent (sûrement trop jugeront certaines âmes sensibles).

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Song Kang-Ho. Le Pacte

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