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Un blog regroupant les critiques et les articles de deux frères, cinéphiles amateurs mais érudits (un peu, en tout cas)

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Les noces rebelles

                                                           DreamWorks Pictures

 

 - Film américain et britannique sorti le 21 janvier 2009 

 - Réalisé par Sam Mendes  

 - avec Kate Winslet, Leonardo DiCaprio, Michael Shannon,… 

 - Drame  

          Dans l'Amérique des années 50, Frank et April Wheeler se considèrent comme des êtres à part, des gens spéciaux, différents des autres. Ils ont toujours voulu fonder leur existence sur des idéaux élevés. Lorsqu'ils emménagent dans leur nouvelle maison sur Revolutionary Road, ils proclament fièrement leur indépendance. Jamais ils ne se conformeront à l'inertie banlieusarde qui les entoure, jamais ils ne se feront piéger par les conventions sociales. Pourtant, malgré leur charme et leur insolence, les Wheeler deviennent exactement ce qu'ils ne voulaient pas : un homme coincé dans un emploi sans intérêt ; une ménagère qui rêve de passion et d'une existence trépidante. Une famille américaine ordinaire ayant perdu ses rêves et ses illusions. Décidée à changer de vie, April imagine un plan audacieux pour tout recommencer, quitter leur petite routine confortable dans le Connecticut pour aller vivre à Paris...

 

Leonardo DiCaprio et Kate Winslet. DreamWorks PicturesLeonardo DiCaprio et Kate Winslet. DreamWorks Pictures

          Après American Beauty, Sam Mendes nous refait encore une fois l'histoire d'un couple habitant la banlieue américaine et qui finit par prendre l'eau à cause de ce conservatisme omniprésent. Avec un couple de circonstance, Léonardo DiCaprio et Kate Winslet qui avaient joué tout les deux dans Titanic de James Cameron. En effet si le film est assez désagréable à regarder c'est parce qu'il montre en quelques sortes ce qui ce serait passé si Jack et Rose avaient survécu au naufrage.

          Même si l'histoire des Noces rebelles, traduction très mauvaise de Revolutionary Road qui soulignait pourtant clairement la voie révolutionnaire que le couple décide de prendre au début du film, avait de nombreux points communs avec celle d'American Beauty, le nouveau film de Mendes traite cette idée d'une manière totalement différente. Ici il n'y a plus d'humour, les rares fois où il y en a c'est pour souligner le monde et les amis artificiels qui entourent les Wheeler, Les Noces rebelles n'est donc en rien une satire.

         Dépourvu de ce caractère léger, qui rendait American Beauty suffisamment agréable à regarder, Les Noces Rebelles est un film dur, âpre, et particulièrement réaliste. Les dix premières minutes sont d'ailleurs éloquentes. La première scène montre la rencontre d'April et de Frank lors d'une fête. Après un jeu de regard classique ils finissent par se parler et dansent ensemble. Pas besoin d'aller plus loin, on comprend que l'on vient d'assister à la naissance d'un grand et magnifique amour. Sans aucune transition, Mendes filme April sur une scène de théâtre. La pièce a été un désastre et elle va se réfugier dans sa loge pour pleurer. Frank va la rejoindre pour la consoler, lui disant qu'elle a été géniale et que si la pièce est ratée c'est à cause des autres acteurs. Lors du retour en voiture, ce qui devait arriver arriva, la dispute éclate. Elle est d'une violence impressionnante et tranche radicalement avec la première scène. Chacun accuse l'autre de son malheur et lui dit qu'il est un raté. Cette discussion se termine par un Léonardo DiCaprio (jouant un rôle bien plus complexe et réussi que celui de Kate) qui, ayant perdu le contrôle de soi-même, se met à frapper violemment sa voiture (symbole de la réussite) pour éviter de frapper sa femme.

      Le ton est donné, le film étouffera dans un sentiment de regret permanent de la part de presque tous les personnages, les montrera comme des automates, ces derniers s'animeront que lors d'une explosion de haine, de dégout particulièrement violente, les scènes de disputes étant d'un incroyable réalisme. Et pourtant il y avait une bouffée d'espoir dans la première partie du film, celui de s'évader de cette société, qui est sans cesse comparé à une prison, en partant vivre à Paris. Comme les héros, nous croyant à ce rêve jusqu'à ce que, comme Frank, nous voyions à quel point il est ridicule et irréalisable, notamment grâce à l'arrivée d'un troisième enfant. Tout tournera sur ce dernier d'ailleurs et John Givings, interprété par Michael Shannon, l'aliéné qui est le seul à dire ce que les autres refusent même d'entendre, dira « Je ne souhaite vraiment pas être cet enfant ». Les parents se réfugient alors dans l'adultère, des relations vaines, désespérées, les scènes de sexes sont filmées d'une manière crue et courte, il n'y a plus de beauté dans l'acte, ce n'est qu'un moyen pour oublier quelques instants que l'on est devenu un raté.

          Mendes a mis tous les atouts de son coté pour permettre de représenter cette impression de stérilité, de répétition en mettant une maison aseptisée, propre, bien rangé. La musique elle-même souligne ce sentiment d'enfermement car elle est sans cesse répétée. La fin elle-même est glaçante. L'agent immobilier Helen Givings, joué par Kathy Bates une autre rescapée du Titanic, qui avait répété tout le long du film que les Wheeler étaient un couple extraordinaire, déclare à son mari que le nouveau couple qui s'installe, une copie des Wheeler, est le premier à être réellement adapté à la maison. Le spectateur n'a qu'une envie, celui de s'en aller et Howard Givings (Richard Easton) lui en donne la possibilité en coupant petit à petit son sonotone. 

* * * *

Leonardo DiCaprio et Kate Winslet. DreamWorks Pictures

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