Un blog regroupant les critiques et les articles de deux frères, cinéphiles amateurs mais érudits (un peu, en tout cas)
- Film japonais sorti le 08 avril 2009
- Réalisé par Hayao Miyazaki
- avec Tomoko Yamaguchi, Hiroki Doi, Kazushige Nagashima,
- Animation, Aventure
Le petit Sosuke, cinq ans, habite un village construit au sommet d'une falaise qui surplombe la Mer Intérieure. Un beau matin, alors qu'il joue sur la plage en contrebas, il découvre une petite fille poisson rouge nommé Ponyo, piégé dans un pot e confiture. Sosuke la sauve, et décide de la garder avec lui dans un seau. Ponyo est aussi fasciné par Sosuke que ce dernier l'est par elle. Le petit garçon lui promet de la protéger et de s'occuper d'elle, mais le père de Ponyo, Fujimoto - un sorcier autrefois humain qui vit tout au fond de la mer - la force à revenir avec lui dans les profondeurs. Bien décidée à devenir humaine, Ponyo d'échappe pour retrouver Sosuke. Mais avant de prendre la fuite, elle répand l'élixir magique de Fujimoto, l'Eau de la Vie, dans l'océan. Le niveau de la mer s'élève, et les soeurs de Ponyo sont transformées en vagues gigantesques qui montent jusqu'à la maison de Sosuke sur la falaise, et engloutissent le village...
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Chaque nouveau dessin animé de Miyazaki est un petit bijou. Revenant à une animation plus traditionnelle, plus artisanale, plus simpliste que les précédents comme Le Château ambulant, Ponyo sur la falaise n'est pourtant pas un film que l'on peut considérer comme mineur. Il a d'abord à première vue des airs enfantins qui peuvent rebuter mais il est en fait beaucoup plus profond qu'il n'y parait.
En effet, l'histoire, clairement inspiré de La Petite Sirène, n'est qu'un prétexte à toute une armada de symboles. Le message est tout d'abord clairement écologique. Dès les premières images on reconnait l'adoration et la mythification de la nature, ici du monde marin, de Miyazaki qui montre particulièrement sa fragilité et les dangers d'un dérèglement de celle-ci, thème qu'il avait abordé par exemple dans Princesse Mononoke. Ici, la nature perd tout contrôle et prend la forme d'un tsunami (de poissons géants) et d'une tempête effroyable qui engloutira la petite station balnéaire, ce qui donnera dans la seconde partie de magnifiques séquences où l'on verra ce village et les routes engloutis et peuplés de créatures marines préhistoriques.
L'autre symbolique particulièrement présente est bien entendu l'initiation sexuelle de deux enfants qui vont s'aimer et devenir en quelque sorte adulte, à l'inverse de la mère de Sosuke qui conduit d'une manière irresponsable et du père de celui-ci qui faillit à son devoir en n'étant jamais là. Cette irresponsabilité parentale donnera au film sa plus belle scène lorsque Lisa, la mère de Sosuke, furieuse que son mari reste encore en mer, va lui adresser un message lumineux de sa maison en haut de la falaise et ne cessera de lui répéter en morse « CrétinCrétinCrétin » alors que celui-ci ne cessera de lui dire « Je t'aime » en faisant clignoter tout son bateau. A l'inverse les « parents » de Ponyo, Fujimoto le sorcier autrefois humains qui commande l'eau et Gran Mamare la déesse de la mer, sont trop protecteur et emprisonne leur fille, surtout son père, dans une sorte de carcan (une bulle très résistante) dont cette dernière ne cessera d'essayer de s'échapper.
Ponyo sur la falaise n'est donc en aucun cas un film mineur ou naïf pour Miyazaki, étonnamment c'est même grâce à cette simplicité apparente qu'il réussit à toucher sur tous les tableaux, là où la très grande complexité du Château ambulant avait constitué pour lui une sorte de point limite qui pouvait repousser le spectateur.
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