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Un blog regroupant les critiques et les articles de deux frères, cinéphiles amateurs mais érudits (un peu, en tout cas)

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BILAN DE 2014

L'année s'achève et laisse un constat cinématographique relativement mitigé. Alors que 2013 était une belle cuvée voyant le retour en très grande forme de quelques-uns des meilleurs cinéastes en activité, 2014 apparait un poil plus faible sur le strict plan qualitatif. Certes, la production n'a globalement pas été trop mauvaise, même si plusieurs longs métrages très faibles, voire carrément lamentables, ont inévitablement terni le tableau. Beaucoup de films enthousiasmants sont à noter et pas mal d'entre eux recèlent d'immenses qualités. Toujours parmi les bons côtés, on peut ajouter qu'il y a aussi eu de réjouissantes surprises de la part de cinéastes que l'on n'attendait pas.

Malheureusement, il n'y a eu que bien peu de grands chocs esthétiques par rapport aux années précédentes. Moins de claques mémorables ou inattendues et pas assez de partis pris audacieux ou avant-gardistes, comme si 2014 était le creux entre deux vagues massives. En effet, cette année passée fut le calme avant la tempête. En effet, un tourbillon va se déchainer à partir de janvier 2015 pour durer jusqu'à la sortie du prochain STAR WARS qui couronnera douze mois d'hyper-activité cinématographique.

En attendant, l'heure est au bilan. Il est temps de dresser une liste - forcément très personnelle car conditionnée par le nombre et le choix de films que j'ai vu - de ce qu'il fallait absolument voir et ce qu'il fallait impérativement éviter. Je précise enfin que, comme j'ai eu une année plus chargée que les précédentes, je n'ai pas eu le temps (ni l'envie parfois) de rédiger une critique pour chacun des longs métrages que j'ai découvert en 2014. Néanmoins, je tacherai d'écrire quelque chose sur deux ou trois films de mon 'top' dans les semaines à venir.

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Commençons par les sommets de cinéma que nous avons eu au cours de cette année. Cette liste est hétéroclite, réunissant des longs métrages abordant des genres et des styles assez variés : on y retrouve du western, du drame poignant, de la S.F. un peu bourrine, de la comédie irrévérencieuse et du thriller anxyogène. Ca et là, des noms que l'on n'attendait pas nécessairement apparaissent au milieu de quelques valeurs sures. Ce 'top 10' contient donc de quoi satisfaire tout le monde puisqu'il est à l'image de cette année plus surprenante que réellement inoubliable.

 

AU PIED DU PODIUM

12 YEARS A SLAVE DE STEVE McQUEEN

LA GRANDE AVENTURE LEGO DE CHRIS MILLER ET PHIL LORD

LAST DAYS OF SUMMER DE JASON REITMAN

LES SORCIERES DE ZUGARRAMURDI D'ALEX DE LA IGLESIA

NIGHT CALL DE DAN GILROY

THE HOMESMAN DE TOMMY LEE JONES

 

LE 'TOP 10' DE 2014

 

10. EX AEQUO. A MOST VIOLENT YEAR DE J.C. CHANDOR

L'une des surprises de cette fin d'année. Avec ce troisième long métrage, Chandor dévoile un univers de plus en plus cohérent. Encore une fois, ses protagonistes sont confrontés à l'idée que leur monde et les valeurs dans lesquelles ils croient sont sur le point de disparaitre. Ils luttent alors pour survivre en bafouant parfois les idéaux qu'ils plaçaient autrefois en porte-étendards. En plus de livrer une nouvelle peinture pessimiste de cette Amérique ultra-libérale et hypercompétitive, Chandor ausculte avec ironie les rouages d'un mariage apparemment parfait dans lequel l'amour, la plus belle des vertues, sert paradoxalement à légitimer quelques écarts par rapport à la morale afin de conserver cet ordre si laborieusement établi. 

 

10. EX AEQUO. GONE GIRL de David Fincher

De son côté, en analysant l'enfer de la vie de couple et la terrifiante incompréhension entre les sexes à travers un polar aussi sadique et mordant que profondément déprimant, GONE GIRL s'impose comme une pierre fondamentale dans l'oeuvre de Fincher. Orchestré avec une maestria phénoménale, ce film agressif et ludique apparait comme une relecture perverse et retorse des NOCES REBELLES à la sauce BASIC INSTINCT. Sur le plan formel - montage, cadrage, lumière - ce thriller met à l'amende tout ce qui est sorti cette année. Mais c'est dans son script machiavélique et la prestation proprement hypnotisante de son actrice principale Rosamund Pike que résident sa grande violence psychologique et son terrifiant cynisme.

Ma critique

 

9. WE ARE WHAT WE ARE de Jim Mickle

Commençant comme un drame austère mettant en scène une famille endeuillée, ce "remake" d'un film d'horreur mexicain se démarque de sa version originale en l'inscrivant dans un cadre religieux aussi étouffant que typiquement américain. Le mystère et le suspense, parfaitement gêrés, montent graduellement avec cette histoire monstrueuse dans laquelle le cannibalisme devient la métaphore de l'embrigadement idéologique et théologique de deux gamines, prisonnières de l'ombre imposante de leur terrifiant père-ogre. Ce troublant conte morbide, saupoudré par un délectable humour noir, s'achève sur une séquence finale aussi choquante qu'effroyablement logique qui ne laissera personne indifférent.

Ma critique

 

8. EDGE OF TOMORROW de Doug Liman

Ca a été la surprise de la saison estivale. Au milieu des reboots, des suites et des franchises super-héroïques, EDGE OF TOMORROW ne partait pas avec un grand avantage, d'autant plus que sa star n'est toujours pas en odeur de sainteté dans son pays. Adapté d'un livre japonais inconnu et maladroitement vendu, le vilain petit canard de l'été a pourtant ridiculisé la concurrence par l'utilisation intelligente de son concept fantaisiste, son humour rafraichissant, sa poignante densité émotionnelle, et la frénésie furieuse de ses scènes d'action qui renvoient à ALIENS, STARSHIP TROOPERS et IL FAUT SAUVER LE SOLDAT RYAN. Cette métaphore littérale du "reboot" que veut orchestrer Cruise depuis une décennie marque sa renaissance définitive.

Ma critique

 

7. HER de Spike Jonze

En partant d'un postulat original qui aurait pu le faire tomber du côté de la charge facile contre la technologie, Spike Jonze parvient à créer une comédie romantique aussi touchante qu'intelligente. Aidé par d'excellents comédiens - dont Joachim Phoenix qui livre la meilleure performance de sa carrière - le réalisateur de MAX ET LES MAXIMONSTRES élabore un univers futuriste d'une parfaite cohérence et d'une indéniable richesse. Mélangeant une ultra-urbanisation aseptisée avec une esthétique rétro, ce monde soutient visuellement le propos de Jonze sur la façon dont la technologie moderne impacte, résout parfois et complique souvent les problématiques de toujours (l'amour et les liens sociaux).

 

6. INTERSTELLAR de Christopher Nolan

Même si elle était prévue pour Steven Spielberg, cette épopée spatiale est avant tout un pur produit de Nolan qui lui permet de faire évoluer son style et ses obsessions vers plus d'optimisme et d'empathie. En cela, INTERSTELLAR est le film le plus compliqué qu'il ait eu à élaborer. Mais c'est aussi son plus primordial. Bien qu'encore conceptuelle et touchée par quelques menus défauts propres à son cinéaste, cette aventure à l'ancienne rappelle l'importance de l'imaginaire, du rêve, de l'émotion, du courage et de l'originalité à l'heure où le cinéma populaire s'enferme dans le cynisme et un dangereux opportunisme. Que cet appel à la découverte soit fait par un artiste que l'on disait froid, logique et terre-à-terre est assez symbolique.

Ma critique

 

5. SAINT-LAURENT de Bertrand Bonello

Deux biopics sur Yves Saint-Laurent cette année pour deux propositions de cinéma radicalement opposées. Là où Jalil Lespert a fait le choix de la sécurité et d'un académisme ronflant, Bertrand Bonello, fidèle à sa réputation, rejette les clichés du genre pour livrer un film formellement audacieux et thématiquement passionnant. Inattendu et libre comme son sujet, le long métrage refuse la voie de la facilité pour élaborer un récit exigeant, au risque de perdre une partie de son public. Avec sa mise en scène sensorielle et lyrique, Bonello parvient à nous raconter YSL en nous plongeant dans son univers mental plutôt qu'en nous détaillant minutieusement ses faits et gestes historiques. Un biopic exemplaire dont bon nombre devrait s'inspirer.

Ma critique

 

4. THE ROVER de David Michod

Moins une croisade post-apocalyptique à la MAD MAX qu'un néo-western lorgnant vers la noirceur crépusculaire de LA ROUTE et du NO COUNTRY FOR OLD MEN de l'écrivain Cormac McCarthy, le second film du jeune réalisateur australien est un envoutant "road trip". Recu de façon mitigée à Cannes, THE ROVER a probablement souffert de sa campagne marketing qui le vendait comme un thriller haletant alors qu'il est surtout un voyage mental contemplatif. Néanmoins, sa brutalité sporadique n'a d'égale que la puissance évocatrice de ses images et le désespoir de ses personnages perdus, errant dans un désert infernal afin d'y expier leurs péchés. Les jeux de Guy Pearce et Robert Pattinson sont d'une sidérante intensité.  

 

3. LE VENT SE LEVE de Hayao Miyazaki

Le mythique réalisateur japonais, d'abord connu pour ses contes et son goût pour le fabuleux, achève une carrière admirable avec un long métrage testamentaire amer, romanesque et faussement introverti. Suivant la vie d'un ingénieur dont les magnifiques avions furent détournés afin de servir d'outils de guerre meurtriers, cette fresque semi-autobiographique est effectivement traitée avec une retenue qui peut froisser les amateurs d'esbrouffe. Mais le film dégage une maîtrise formelle, une passion et une telle mélancolie qu'il emporte tout sur son passage, s'imposant comme l'un des plus beaux et exigeants de son metteur en scène. Un bouleversant appel à vivre, tantôt terriblement pessimiste, tantôt incroyablement lumineux.

 

2. LE CONTE DE LA PRINCESSE KAGUYA D'ISAO TAKAHATA

L'autre testament de l'un des plus illustres cinéastes d'animation. Ami et rival de Miyazaki, le second pilier fondateur du studio nippon Ghibli a vu les choses en grand pour son dernier tour de piste. Patiemment élaborée pendant plusieurs années afin que chacune de ses images ressemble à une estampe animée, cette adaptation d'un conte japonais bouleverse par sa puissance émotionnelle ainsi que par la délicate féérie de son intrigue qui jongle merveilleusement entre les moments de joie et les passages plus dramatiques. Le cinéaste qui avait déjà signé le film le plus triste du monde - LE TOMBEAU DES LUCIOLES - nous assomme avec un final qui fera briller les yeux de tous les spectateurs. Le mot "somptueux" a été inventé pour ce long métrage.

 

1. WHIPLASH DE DAMIEN CHAZELLE

L'électrochoc de fin d'année sous la forme d'une série ininterrompue de violents uppercuts. WHIPLASH est au film musical ce que RAGING BULL est au film de boxe. Sous la forme d'un thriller dans lequel chaque morceau de batterie est mis en scène comme une séquence d'action, le film livre une passionnante réflexion sur la nécessité de faire des sacrifices psychologiques et physiques afin de créer une oeuvre d'art immortelle. Par le biais de ce duel furieux, Chazelle s'impose comme un cinéaste de génie. Chef d'oeuvre de toute une vie ou prémices d'une carrière époustouflante ? Il est trop tôt pour le dire. Mais si le film vous met déjà K.O. au bout de soixante minutes, sachez que son dernier quart d'heure vous laissera carrément en transe sur votre siège

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Passons à une seconde partie moins réjouissante - quoique - dans laquelle je vais faire le tour des dix plus mauvais films que j'ai vu cette année. Cela va du projet prometteur qui se rate en beauté au gros "blockbuster" perdu d'avance, et du long métrage signé par un auteur surévalué au faux pas déprimant d'une ancienne gloire du septième art. Là encore, il y en a pour tous les goûts, bien que ces navets ne soient souvent même pas dignes d'être visionnés lors d'une soirée entre amis avec quelques bouteilles de bière à la main.

 

LE 'FLOP 10' DE 2014

 

10. THE CANYONS DE PAUL SCHRADER

Paul Schrader est l'une des rares grandes figures du Nouvel Hollywood à avoir sû poursuivre honorablement sa carrière après le tournant des années 1980. Néanmoins, il est difficile de nier que le bonhomme a accompli la plupart de ses meilleurs travaux en tant que scénariste plutôt qu'en tant que réalisateur. En pleine perte de vitesse depuis dix ans, il s'est retrouvé coincé sur ce projet "kick-starter" entre un script un peu honteux rédigé par un Bret Easton Ellis complètement à l'ouest et un casting aussi improbable que peu enthousiaste. Se voulant hautement provocateur et subversif, ce film creux et laid sur Hollywood et ses névrosés ne choquera bien que les vieux spectateurs qui n'ont pas été au cinéma depuis trente ans. Prétentieux et ennuyeux à mourir.

 

9. TRANSCENDANCE DE WALLY PFISTER

Parce qu'il est le chef opérateur attitré de Christopher Nolan, Wally Pfister s'est offert pour son premier film en tant que réalisateur un immense budget, un casting cinq étoiles et un scénario classé dans la "Black List" de 2012 qui regroupait les meilleurs scripts alors non produits à Hollywood. Malgré toutes ces rassurantes cartes en main, Pfister parvient à surprendre par la médiocrité et la consternante superficialité de son "blockbuster" antispectaculaire, glacial, assez moche et surtout absolument incapable de creuser en profondeur les multiples questions passionnantes qui découlaient de son sujet. Les acteurs sont aux abonnés absents et Johnny Depp livre l'une des plus mauvaises interprétations de sa carrière.

Ma critique

 

8. LA BELLE ET LA BETE DE CHRISTOPHE GANS

Difficile de dire du mal d'un film qui partait avec de si bonnes intentions. Pour une fois que des producteurs français investissaient sur un film d'aventure fantastique plutôt que sur une comédie TF1 ou sur un biopic mou du genou, il fallait que ce long métrage soit une énième relecture d'un célèbre conte qui ne parvienne jamais à la hauteur de ses illustres prédecesseurs. Malgré de jolis décors et de beaux costumes, le film ne réussit pas à faire vivre son monde imaginaire. Tout est désincarné et faux, avant de sombrer dans une surenchère visuelle aussi injustifiée que ridicule. Si cet échec vient en partie de son script bancal, des erreurs de casting fort préjudiciables annihilent aussi toute empathie et toute alchimie entre les personnages.

Ma critique

 

7. MALEFIQUE DE ROBERT STROMBERG

Projet élaboré afin de surfer sur toutes les modes qui gangrènent actuellement le cinéma populaire, cette relecture du conte de Charles Perrault en est une trahison intégrale. Quitte à ne pas faire les choses à moitié, il piétine aussi au passage le chef d'oeuvre produit par Disney en 1959. Vétu des oripeaux "convenables" d'un féminisme de pacotille, le film se vante de proposer le portrait complexe d'une sorcière (jamais) maléfique dont la puissance n'est pourtant perceptible qu'à l'aune de la faiblesse de ses opposants, tous réduits à des rôles d'ingrats et/ou de faire-valoirs. A l'image globale du long métrage, le monde magique qui y est dépeint n'est qu'un gloubi boulga d'influences trop évidentes pour lui conférer une personnalité propre.

Ma critique

 

6. THE AMAZING SPIDER-MAN 2 DE MARC WEBB

Suite du "reboot" catastrophique des aventures du super-héros Spider-man, qui avait été orchestré à la va-vite par Sony afin de ne pas perdre les droits du personnage, le nouveau film de Marc Webb copie la stratégie Marvel en élaborant un univers interconnecté afin que le studio puisse surexploiter sa licence. Raté puisque, malgré un beau résultat au box-office, Sony estime que le film n'a pas atteint ses attentes financières délirantes. On ne s'en plaindra pas. Si Webb fait illusion par son traitement de la romance liant le couple principal, et qu'il délègue les plans de haute voltige à des infographistes doués, il est incapable de mener un projet d'une telle ampleur, ignorant ce qu'il veut raconter et s'emmelant les pinceaux lors de moments embarrassants.

Ma critique

 

5. LES TROIS FRERES - LE RETOUR DE DIDIER BOURDON, PASCAL LEGITIMUS et BERNARD CAMPAN

Au tournant des années 1990, le groupe des "Inconnus" réunissait les trois comiques les plus drôles de France : pas un mauvais sketch à leur actif et tellement de répliques cultes qu'on pourrait en faire une encyclopédie. Lorsqu'ils se sont lancés dans le cinéma, cela a d'abord été pour le meilleur. Certes, LES TROIS FRERES et LE PARI ne sont pas des sommets de réalisation, mais leurs scénarii et l'interprétation de leurs acteurs en font des comédies très appréciables. Puis les choses se sont gâtées. Leurs films sont devenus moins marrants et le trio s'est séparé. Cette triste tentative de "come back" les montre peu inspirés, au bout du rouleau et déconnectés d'une société française qu'ils savaient autrefois décrypter. Que c'est moche de vieillir !

 

4. UNDER THE SKIN DE JONATHAN GLAZER

Le classique du retour d'un esthète "adulé" après plusieurs années d'absence. Ce film attendu comme le "messie" ne pouvait décevoir ceux qui ont patienté tant de temps pour le voir ! On s'extasia d'abord sur une poignée d'expérimentations visuellement pauvres et inutilement obscures, atténuant ainsi grandement leur impact dans le récit. On resta ensuite béat d'admiration devant l'interprétation stoïque d'une star de "blockbuster" venant s'encanailler dans le cinéma "art et essai". On convoqua enfin Kubrick, Lynch et Malick afin de faire hativement de Glazer leur égal. Et ce, peu importe que l'intrigue tienne sur un post-it et que la moitié des images soient sous-exposées et improvisées en caméra cachée...

Ma critique

 

3. WELCOME TO NEW YORK D'ABEL FERRARA

L'origine douteuse de ce projet opportuniste et bêtement provocateur n'incitait pas à en attendre grand chose. Mais il est désolant que Ferrara n'ait pu tirer qu'une oeuvre anecdotique à partir d'une affaire aussi juteuse et passionnante que celle de Dominique Strauss Kahn. Malgré l'investissement physique total de Depardieu - on n'en demandait pas tant ! - le film s'effondre dès le premier quart d'heure pour dévoiler sans fard une mise en scène obscène et plate se contentant d'aligner d'interminables scénettes, toutes mal improvisées dans la langue de Shakespeare et n'ayant d'intérêt que si l'on connait déjà le déroulement de ce sinistre scandale. Utilité zéro donc, mais un beau buzz médiatique à la clé.

 

2. LUCY DE LUC BESSON

L'autre surprise de la saison estivale avec EDGE OF TOMORROW. Face aux reboots, aux suites et aux franchises super-héroïques, LUCY ne partait pas gagnant. Aidé par une campagne publicitaire exemplaire, il s'est malgré tout imposé comme le plus grand triomphe de Besson. C'est pourtant son long métrage le plus naze, le plus incohérent et le plus prétentieux. Pris au premier degré, LUCY est une boursouflure repompant le moindre de ses effets chez les autres. Pris au dixième degré, ça reste un spectacle consternant, jamais "fun", vain, laborieux, moche, mal écrit et mal joué. Etrangement, il a fallu des mois au monde entier pour s'en rendre compte. Trop tard, LUCY est dorénavant devenu le plus gros succès français de tous les temps...

Ma critique

 

1. ADIEU AU LANGAGE DE JEAN-LUC GODARD

Avec ce mépris de la technologie qu'on lui connait, JLG s'empare de la 3D avec dédain et se fait congratuler par la presse. A jamais coincé dans cette image d'icône de la Nouvelle Vague, JLG voit chacun de ses travaux être jugés comme s'il était encore un cinéaste rebelle. Effet néfaste de la politique des auteurs, on persiste à croire que le JLG de 2014 est le même que celui d'A BOUT DE SOUFFLE. On doit alors crier avec la meute, de peur de paraitre idiot aux yeux de ceux qui ont compris cette oeuvre exigeante mélangeant philosophie de comptoir, misanthropie insupportable, sexisme écoeurant et crises de colique intestinale. En 1837, Hans Christian Anderson écrivait "Les Habits neufs de l'empereur". Beaucoup de critiques feraient bien de le relire.

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En route donc pour 2015 afin de découvrir un paquet de films alléchants (en voici déjà douze qu'il ne faudra pas rater !). Et en attendant de jubiler devant les cabrioles motorisées de Tom Hardy en Mad Max, de retourner en enfance avec mes espions favoris avec le prochain épisode de James Bond et le cinquième Mission : Impossible, ou encore de pleurer de honte devant les vélociraptors apprivoisés et le dinosaure mutant de Jurassic World, je vous souhaite à tous une bonne année !

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