Un blog regroupant les critiques et les articles de deux frères, cinéphiles amateurs mais érudits (un peu, en tout cas)
/http%3A%2F%2Fa69.g.akamai.net%2Fn%2F69%2F10688%2Fv1%2Fimg5.allocine.fr%2Facmedia%2Fmedias%2Fnmedia%2F18%2F35%2F44%2F32%2F18392171.jpg)
/http%3A%2F%2Fa69.g.akamai.net%2Fn%2F69%2F10688%2Fv1%2Fimg5.allocine.fr%2Facmedia%2Fmedias%2Fnmedia%2F18%2F64%2F46%2F84%2F19214615.jpg)

L'évènement cinéma qui a marqué ces dix derniers jours est évidemment l'annuel Festival de Cannes. Pour cette 64ème édition, la Sélection s'est montrée assez alléchante. Pour résumer brièvement, les grands moments de cette sélection ont été :
The Tree of Life de Terrence Malick qui, après une réception mitigée surtout par la presse française dû à son aura « d'évènement », commence à être sérieusement réévalué (ma critique arrivera ces prochains jours) ; Le Havre d'Aki Kaurismäki (celui qui a été le mieux accueilli par la presse internationale) ; Habemus Papam de l'italien Nanni Moretti ; Le Gamin au vélo des frères Dardenne ; La Piel que Habito de Pedro Almodovar, qui désespère de ne pas obtenir la fameuse Palme d'Or ; le film français et muet The Artist de Michel Hazanavicius, qui a ému toute la Croisette et qui semble destiné à faire un immense carton public ; le film de fin du monde Melancholia du provocant Lars Von Trier ou encore « la série B de luxe aux accents de Michael Mann » Drive de Nicolas Winding Refn.
Parmi les films plus mitigés il y a les deux films français Polisse de Maïwenn et Pater d'Alain Cavalier (engouement total de la presse hexagonale mais c'est nettement moins le cas de la presse internationale) ; This Must Be the Place de l'italien Paolo Sorrentino qui divise énormément (notamment au niveau de l'interprétation de Sean Penn) ; le film de samouraïs en 3D (et accessoirement remake d'un classique japonais des années 60 qui avait fait scandale sur la Croisette) de Takashi Miike, Hara-Kiri : mort d'un samouraï ; et il y a enfin le « féministe mais balourd » La Source des femmes de Radu Mihaileanu.
Par contre dans les inaperçus ou les très grosses déceptions, on citera pêle-mêle We Need to Talk about Kevin (bien que l'interprétation de Tilda Swinton soit encensée partout) ; L'Apollonide - souvenirs de la maison close de Bertrand Bonello ; Michael de Schleinzer ; Once Upon a Time in Anatolia de Ceylan ; Sleeping Beauty de Julia Leigh pourtant « estampillé Jane Campion (La Leçon de Piano, Bright Star) » ; Hanezu de Naomi Kawase et surtout Footnote de Joseph Cedar qui a été raillé par toute la critique.
Comme autre temps forts on notera la remise d'une Palme d'Or d'honneur à Bernardo Bertolucci qui entend bien tourner son Io e Te en 3D à partir de l'automne. On rappellera aussi le grand moment d'émotions qu'a constitué la remise d'une Palme d'Or pour l'ensemble de sa carrière au mythique acteur français Jean-Paul Belmondo, que les photographes ont longuement applaudi lors de sa montée des marches. Et que serait Cannes sans son scandale. Encore une fois il vient de Lars Von Trier, qui avait déjà mis son bazar avec Antichrist deux ans auparavant. Cette fois-ci la cause n'est pas son Melancholia jugé beaucoup plus « sage » mais ses propos en Conférence de Presse. Ayant visiblement fait une très mauvaise blague d'un goût extrêmement douteux (« Israël fait chier », « Je comprends Hitler » et « Je suis un nazi »), il se retrouve obligé de faire ses excuses publiques avant d'être déclaré « persona non grata » par le Festival (sans pour autant enlever le film de la compétition). A noter que Von Trier a déclaré que son prochain film, The Nymphomaniac, serait un « soft porno ».
Ce soir le jury présidé par Robert de Niro a livré un palmarès hétéroclite, entre prix inattendus et récompenses qui font très plaisir. Le Prix du Jury revient au Polisse de Maïwenn tandis que le Prix du Scénario va au mal-aimé Footnote de Joseph Cedar. Belle audace cependant pour le Prix de la mise en scène qui récompense un film de genre, Drive et son talentueux réalisateur Nicolas Winding Refn. La polémique « Von Trier » n'aura pas effrayé le jury puisque le Prix d'interprétation féminine revient à Kirsten Dunst dans Melancholia ; preuve s'il en est que, malgré de nombreuses accusations de misogynie, Lars Von Trier porte chance à ses actrices (Björk dans le palmé Dancer in the Dark ; Charlotte Gainsbourg pour Antichrist). L'autre prix qui fait très plaisir, surtout quand on sait son immense talent, est celui du Prix d'interprétation masculine qui revient à Jean Dujardin pour The Artist de Michel Hazanavicus (la belle histoire de ce projet continue donc). Le Grand Prix est partagé ex aequo par Le Gamin au vélo de Jean-Pierre et Luc Dardenne (qui, après leur deux Palmes d'Or, devraient prendre un abonnement) et Once Upon a Time in Anatolia de Nuri Bilge Ceylan. Enfin le prix suprême, la Palme d'Or, revient au Tree of Life de Terrence Malick. Prix amplement mérité mais je m'étendrais plus sur ce chef d'oeuvre dans ma critique. Mais pas avant quelques jours.
Dans l'ensemble, cette édition a été saluée par les journalistes comme étant l'une des meilleures de ces dernières années. Maintenant il ne nous reste plus qu'une chose à faire : attendre que tous ces films sortent sur nos écrans.