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Un blog regroupant les critiques et les articles de deux frères, cinéphiles amateurs mais érudits (un peu, en tout cas)

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Les Oscars de 2011

                                                           Wild Bunch Distribution

 

Walt Disney Studios Motion Pictures FranceWalt Disney Studios Motion Pictures France 

             Comme chaque année a eu lieu la toujours aussi attendue grande messe du cinéma américain. Cette année la compétition s'annonçait plus rude, variée et intéressante et le show devait se moderniser, rajeunir avec Anne Hathaway et l'excellent James Franco en présentateurs. Las, le spectacle s'est montré souvent assez décevant, pas très original, ni très amusant (Franco complètement coincé ou terrorisé par le public). Et puis pour le coup de jeune on repassera. Les oscars étaient résolument tournés vers le passé et on fait preuve d'un manque d'audace et d'une consensualité assez confondants.  

            Commençons par les « petites catégories » : le meilleur court métrage documentaire revient à Strangers No More, The Lost Thing devient le meilleur court métrage d'animation et God of Love est sacré meilleur court métrage « live ». Le meilleur film étranger reviendra au Danemark avec Revenge et à sa réalisatrice Susanne Bier ; le meilleur documentaire récompensera sans grande surprise Inside Job qui fait un portrait peu glorieux de la crise économique actuelle. Dans le rayon des « déjà gagné d'avance » il y a Toy Story 3 qui remporte la statuette pour le meilleur film d'animation alors qu'il était lui-même nominé dans la catégorie meilleur film.  

            Dans les « catégories techniques » on a eu le droit au sacre hallucinant d'Alice au pays des merveilles pour les meilleurs décors (autant Avatar avait quand même un certain nombre de décors construits, autant celui-là...) et les meilleurs costumes alors qu'il faut bien reconnaitre que la direction artistique de la purge de Tim Burton est tout bonnement infecte. Déception aussi pour la meilleure photographie qui voit Roger Deakins repartir bredouille pour la neuvième fois (alors que son travail sur True Grit, le grand perdant des oscars qui malgré ses dix nominations ne recevra rien, est tout simplement remarquable) en faveur de la photo assez terne de Wally Pfister pour Inception. Par contre  il y a aussi pas mal de récompenses assez évidentes et justifiées : le son, le montage sonore et les effets visuels (à défaut de Tron l'héritage) reviennent au film de Nolan, Inception ; le meilleur maquillage est remporté par Wolfman qui ne souffrait d'aucune concurrence ; le multi-nominé Randy Newman est de nouveau récompensé avec sa chanson « We Belong Together » pour Toy Story 3 ; et enfin The Social Network rafle les récompenses pour le meilleur montage et la meilleure musique.  

            Dans les « catégories principales » le favori The Social Network ne gagne que l'indiscutable prix du meilleur scénario adapté. Toujours sans surprise, The Fighter permet à Melissa Leo et à l'excellent Christian Bale de remporter les oscars des meilleurs acteurs / actrices dans un second rôle. Toujours sans concurrence, c'est la brillante Natalie Portman qui remporte la statuette de la meilleure actrice pour son rôle très intense dans Black Swan et qui, du même coup, lave l'affront causé par la récompense de Sandra Bullock dans la même catégorie l'année précédente. Mais le grand gagnant de cette cérémonie est le très consensuel Le Discours d'un roi, film peu audacieux et propre sur lui quoiqu'assez émouvant. Le prix du meilleur acteur revient inévitablement à Colin Firth ainsi que celui du meilleur scénario original. Ce qui est plus contestable est son doublé réalisateur / film. Le premier tient tout simplement de la fumisterie et du scandale puisqu'il « glorifie » un metteur en scène dont c'est le deuxième film et qui n'a pour simple idée de réalisation que varier deux types de plans. Oscar incompréhensible tant il était bien le dernier à le mériter (surtout si on rajoute quelques non-nominés comme Scorsese ou Nolan). Fincher se le fait donc encore une fois voler et risque bien de rejoindre la longue liste des grands réalisateurs boudés (à moins qu'il n'ait une récompense tardive pour une'oeuvre mineure afin de se rattraper). L'oscar suprême décerné par Spielberg fait franchement rire tant il rappelle les sacres de Shakespeare in Love, Slumdog Millionaire ou Collision, pour un film vraisemblablement oublié d'ici quelques mois et dont on ne comprendra plus trop l'engouement à sa sortie. Mais bon, les Weinstein doivent jubiler après avoir bien mis la main au porte monnaie.  

            Rendez-vous l'année prochaine pour voir si, après cette décennie assez lamentable, les oscars ont décidé d'arrêter de récompenser des oeuvres médiocre, bien pensante et consensuelle… 

 

Critique du Discours d'un roi : http://kritics.blogs.allocine.fr/kritics-296714-le_discours_dun_roi.htm

 

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