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Un blog regroupant les critiques et les articles de deux frères, cinéphiles amateurs mais érudits (un peu, en tout cas)

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Flop 15 de 2013

Bien qu'étant parti en Nouvelle Zélande et n'ayant depuis qu'une disponibilité limitée pour mettre à jour ce blog, je publie malgré tout mon flop et mon top de cette année, car je ne résiste pas à l'envie de faire avec vous le bilan de 2013. Néanmoins, je n'exclue pas la possibilité de les mettre ultérieurement à jour lorsque j'aurai vu la poignée de longs métrages qui m'intéresse et qui sont prévus jusqu'au 31 décembre (je pense notamment au The Immigrant de James Gray, au Capitaine Philips de Paul Greengrass et au Cartel de Ridley Scott). Sur ce, commençons par les quinze plus vilains petits canards de 2013.

1 - Die Hard 5 : Une Belle Journée pour mourir de John Moore

Malgré l’enthousiasme de la presse lors de sa sortie, le quatrième opus de Len Wiseman avait fini par mettre tout le monde d’accord sur le fait qu’il avait détruit l’iconique héros d’action John McClane. Mais la Fox, Bruce Willis et le minable John Moore ont relevé le défi. Grâce à eux, Die Hard 4 est devenu un sympathique blockbuster. Pendant 90 minutes, ils tuent le personnage puis violent joyeusement son cadavre. Qu’une telle production à gros budget aussi mal foutue ait pu voir le jour est scandaleux. S’il a survécu aux frangins Gruber, on peut d’ores et déjà assurer que McClane ne s’en relèvera pas.

2 - Malavita de Luc Besson

Besson sort de sa retraite pour la énième fois pour notre plus grand malheur. Cette fois-ci, il entraine dans sa chute un Robert De Niro ayant déjà bien bousillé sa carrière.  Personne ne ressort indemne de l'aventure, à part le génialement je-m'en-foutiste Tommy Lee Jones. Une inepte suite indirecte des Affranchis de Martin Scorsese digne d'un téléfilm français pantouflard. Comme Besson est aigri, tous les Français y sont décrits comme des crétins-racistes-violeurs. Et comme Besson a un complexe d'infériorité, il y vénère les américains, même dans leurs travers. Une purge nauséabonde.

3 - Suspect de Scott Walker

D’un pitch prometteur tiré d’une histoire vraie, Scott Walker élabore un film catastrophique dont le montage analphabète, qui rendrait fier Marc Forster, détruit le peu d’atmosphère envoutante qui aurait pu découler des quelques panoramas de l’Alaska. On passe du coq à l’âne sans jamais prendre le temps de se poser deux minutes, on emploie des ficelles absurdes et on saupoudre ça d’une photographie ignoble. L’enquête patine perpétuellement pour aboutir à une conclusion décevante. Nicolas Cage cachetonne, John Cusack galère à composer un psychopathe et seule Vanessa Hudgens s’en tire honorablement.

4 - Machete Kills de Robert Rodriguez

Cette suite d’une parodie-hommage aux séries B/Z/films d’exploitation déjà très mollassonne tient ses (non)promesses. L’absence de blagues amène à questionner le sérieux ou le je-m’en-foutisme de l’entreprise. Entre les jets de sang numériques, la redite des moments supposés « cultes » du premier Machete, les clins d’œil vomitifs envers La Guerre des Etoiles, la tripotée de stars « has been » venant se prostituer pour un ultime éclat de gloire et la réalisation feignante, cette parodie de parodie n’est qu’un épisode devant annoncer un troisième opus a priori encore plus à la ramasse.

5 - The Bay de Barry Levinson

Encore un énième « found footage movie » ne justifiant jamais son parti pris de mise en scène qui brise toute implication émotionnelle du spectateur. Le réalisateur oscarisé de Rain Man s’extasie à l’idée de prendre un risque dans sa carrière et découvre, dix ans après tout le monde, une mode cinématographique déjà usée jusqu’à la moelle. Quand les plans daignent avoir une meilleure définition qu’une vidéo de Skype, c’est pour montrer un casting inexpressif qui n’est pas dirigé. Une heure et demie de voix off, ponctuée de trois « jumps scares », qui lorgne piteusement vers [Rec] et Les Dents de la Mer.

6 - Gangster Squad de Ruben Fleischer

Ce projet au casting prestigieux était alléchant car il ressuscitait l’ambiance sombre et glamour des années 40 devenue rare au cinéma depuis Le Dahlia Noir. Mais les « reshoots » et la sortie en février auraient dû mettre la puce à l’oreille. Ca copie à tout-va, ça n’innove en rien, ça se veut violent mais ça n’a pas de scène choc, ça se veut élégant mais ça ne ressemble qu’à un sous-Incorruptibles réalisé par un sous-Zack Snyder. Sean Penn est lamentable, Ryan Gosling joue les minets, la juvénile Emma Stone en femme fatale est un gros « miscast » et les nombreux seconds couteaux n’ont que cinq minutes pour exister.

7 - World War Z de Marc Forster

Marc Forster enchaine un nouveau blockbuster ainsi qu’un nouveau « developpment hell » destructeur pour cette adaptation d’un livre passionnant. On lorgne vers tout mais on ne réussit rien du tout : le drame familial est abandonné au bout de trente minutes, l’analyse géo-politique est effleurée et l’action est illisible. Un film d’horreur pour gamins, complètement incohérent et qui réserve son lot de fous rires involontaires. Brad Pitt y est très mauvais et le tout s’achève sur un non-climax annonçant une suite qui portera sur la guerre du titre dont on n’a évidemment pas vu une miette.

8 - Jack le chasseur de géants de Brian Singer

Une idée crétine qui débouche sur une catastrophe industrielle de grande ampleur. Des effets spéciaux ayant dix ans de retard et une direction artistique plagiaire enveloppent un scénario qui ne sait pas choisir entre le divertissement infantilisant et le film d’aventure flirtant avec l’héroic fantasy. L’interprétation est à l’ouest et la mise en scène sans inspiration peine à apporter le caractère épique souhaité par ce blockbuster de pacotille. Ponctuellement prenant, mais surtout très ennuyeux par son rythme absurde, son climax raté ainsi que par l’innofensivité et la non-inventivité incontestable de l’ensemble.

9 - Les Ames Vagabondes d’Andrew Niccol

Avec « Twilight », Stephenie Meyer avait réduit le vampire à une figure frigide à la sensiblerie mièvre. Avec Les Ames Vagabondes, elle rabaisse la S.F. à un niveau prépupère afin de faire l’apologie mormone du retour à la terre en cercle fermé. Andrew Niccol révèle que son Time Out n’était pas une erreur mais bien la première étape de sa vertigineuse décadence artistique. Après Kristen Stewart, Saoirse Ronan fait ce qu’elle peut avec un personnage de jeune fille inactive énamourée de deux tétards transparents. Vide, cucul, mal rythmé, moche et minimaliste comme un mauvais téléfilm de « SyFy ».

10 - La Chute de la Maison Blanche d’Antoine Fuqua

Un film anachronique hésitant entre hommage aux ersatz de Die Hard sortis après le classique de John McTiernan, parodie des longs métrages patriotiques des années 90 et actionner burné ne lésinant pas sur l’hémoglobine. On ne sait jamais vraiment sur quel pied danser mais le premier degré prétentieux semble malgré tout prévaloir au final. Une mise en scène efficace mais impersonnel, un casting ennuyé, un scénario plagiant trois décennies de cinéma d’action et des effets spéciaux absolument ignobles accompagnent ce spectacle amusant, complètement paranoïaque, ethnocentré et emphatique.

11 - Iron Man 3 de Shane Black

On annonçait le retour de Shane Black, les retrouvailles de Robert Downey Jr avec le cinéaste de Kiss Kiss Bang Bang, un récit plus dramatique et un méchant d’envergure. Mais malgré une promotion alléchante, il apparait que le studio Marvel n’a pas élevé ses ambitions. Le film a tous les défauts imaginables de rythme et d’écriture, mais il dispose aussi d’une facture esthétique interchangeable. Outre le cabotinage de Downey Jr, la fadeur des nombreux personnages secondaires et le manque de dynamisme des scènes d’action, ce film d’un cynisme gonflant aboutit sur un quasi-aveu d’échec de Shane Black.

12 - Les Misérables de Tom Hooper

Retranscrire le pavé de Victor Hugo en comédie musicale avait un intérêt cinégénique. Mais le surévalué Tom Hooper livre un film sans lyrisme ni souffle épique. Sur trois longues heures faites de gros plans d’acteurs immobiles en train de chanter, seules la première image et les deux dernières minutes font entrevoir ce qu’aurait pu être ce projet en des mains plus expertes. Avec sa direction artistique jamais valorisée, l’objet est si laid qu’on croirait qu’un hybride de Tim Burton et de Jean-Marie Poiré en tenait les rênes. Anne Hathaway sauve de justesse ce pompeux navet friqué handicapé par son défi technologique.

13 - Parkland de Peter Landesman

L’assassinat de JFK continue de fasciner mais cette fois-ci, cela ne donne pas une œuvre passionnante. Point de paranoïa, point de remise en question, point d’enquête mais un voyeurisme parfois mal placé. L’effritement du « rêve américain » est grossièrement exposé par les réactions décousues de personnages éparpillés. On ne sait pas trop ce que veut montrer le film ni où il veut en venir, mis à part son parallélisme lourdingue entre le président américain et son supposé meurtrier. Mais James Badge Dale a l’occasion de montrer l’étendue de son talent grâce à l’unique personnage touchant et approfondi du film.

14 - Insaisissables de Louis Leterrier

Un énième ersatz recopiant le style et les thématiques de Christopher Nolan. Au final, ce n’est qu’un banal film de braquage (Inception) avec quelques prestidigitateurs (Le Prestige). Après deux tiers décortiquant le moindre rouage des tours de magie, annihilant tout effet de surprise, le dernier tiers enchaine les « twists » absurdes qui ne sont évidemment jamais expliqués. Le casting joue très mal (mention spéciale à Mélanie Laurent) et Leterrier noie son film sous des effets de caméra pour que le spectateur ne s’aperçoive pas qu’on le prend pour un idiot. Un film sur la magie pour ceux qui n’aiment pas la magie.

15 - The Grandmaster de Wong Kar-wai

Un tournage plein d’accidents et une post-production sans fin : il n’en fallait pas plus pour créer une aura autour du dernier né du cinéaste asiatique le plus aimé par les critiques bobos. Mais la montagne a accouché d’une souris. Le projet s’est perdu en chemin et a été amputé d’un bon tiers de son histoire aux vues des multiples ellipses absurdes. Tantôt biopic superficiel, tantôt « revenge movie », tantôt romance ampoulée, ce film de kung-fu est d’une incohérence narrative délirante. Outre le fait qu’il s’embarrasse de sous-intrigues inutiles, Kar-wai ne rend pas service aux rares combats d’une illisibilité crispante.

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