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Un blog regroupant les critiques et les articles de deux frères, cinéphiles amateurs mais érudits (un peu, en tout cas)

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SAINT LAURENT

Film français sorti le 24 septembre 2014

Réalisé par Bertrand Bonello

Avec Gaspard Ulliel, Jérémie Renier, Léa Seydoux,...

Biopic

De 1967 à 1976 ou la rencontre de l'un des plus grands couturiers de tous les temps avec une décennie libre. Aucun des deux n'en sortira intact.

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Deux biopics sur Yves Saint-Laurent pour deux propositions de cinéma radicalement opposées. Là où Jalil Lespert fait le choix de la sécurité et d'un académisme ronflant, Bertrand Bonello, fidèle à sa réputation, rejette les clichés du genre pour livrer un film formellement audacieux et thématiquement passionnant. Inattendu et libre comme son sujet, le long métrage refuse la voie de la facilité pour élaborer un récit exigeant, au risque de perdre une partie de son public. Avec sa mise en scène résolumment sensorielle et lyrique, Bonello parvient à nous raconter YSL en nous plongeant dans son univers mental plutôt qu'en nous détaillant minutieusement ses faits et gestes historiques. Un biopic exemplaire dont bon nombre devrait s'inspirer. 

Comme le cinéma français a beaucoup de moyens à dépenser mais pas beaucoup d'idées à financer, cette année a vu une nouvelle anomalie de production avec l'élaboration conjointe de deux longs métrages portant sur le célèbre couturier Yves Saint-Laurent. Si le phénomène n'est pas uniquement hexagonal (on se souvient de ce piteux combat qu'avait livré la Blanche Neige de Tarsem Singh avec la Blanche Neige de Rupert Sanders, tous les deux des films fort oubliables bien que radicalement différents), on peut aisément se rappeler deux fameux antécédents. Il y avait eu en 2011 la "guerre des boutons" au cours de laquelle deux réadaptations du fameux roman de Louis Pergaud - une ennuyeuse par Yann Samuell et une ennuyeuse par Christophe Barratier - s'étaient livrées une lutte sans merci sur le champ du box-office. Une lutte qu'aucune d'elles n'avait vraiment réussi à remporter si l'on se réfère à leurs scores à peu près identiques et décevants, surtout compte tenu du tintamarre qui avait entouré leurs sorties à quelques semaines d'écart.

Le second exemple est encore plus parlant et amusant puisqu'il tournait lui-aussi autour d'une figure de la mode : Coco Chanel. A cette occasion, on avait d'abord eu droit à une version académique et proprette par Anne Fontaine, ressemblant à une banale romance en costumes et ne parvenant à aucun moment à montrer en quoi son héroïne avait révolutionné son époque, puis à une version moins conventionnelle et davantage cinématographique mise en scène par Jan Kounen, ce dernier ayant hérité d'un projet au départ prévu pour William Friedkin. Et ça recommence cette année avec Yves Saint-Laurent dans un cas de figure à peu près similaire. En ce début d'année est d'abord sorti en fanfare Yves Saint-Laurent de Jalil Lespert. De par ses intentions et son intrigue, le film prend la forme d'un "biopic" lambda qui en suit scrupuleusement les codes afin d'arborer les oripeaux d'un long métrage de prestige : direction artistique rétro, performances troublantes, scénario étendu sur plusieurs décennies et arborant l'immuable formule du "rise and fall" chère aux Américains (la lente marche vers la gloire, l'apogée, la chute dans l'excès et la rédemption finale).

Ce genre de propositions de cinéma tend à polluer de plus en plus nos écrans. En effet, la formule est renouvelable à l'infini avec n'importe quel artiste, homme politique ou célébrité de manière générale. Le scénario n'est pas non plus compliqué à rédiger puisque le film, une fois fini, ressemble généralement à une page Wikipédia illustrée. Les acteurs sont évidemment ceux qui sont le plus mis à contribution puisque ces biopics s'appuient généralement uniquement sur eux et sur ces prestations quasi mimétiques qu'ils parviennent à élaborer. Ces purs produits financés dans le but d'engrenger un paquet de récompenses a trouvé son essor il y a bientôt une dizaine d'années, et il a fallu tout ce temps pour que l'ensemble de la critique et des spectateurs commence à trouver cela un tantinet redondant. C'est là qu'arrive Saint-Laurent de Bertrand Bonello, puisqu'il a eu la "malchance" d'arriver second lors de cette course.

A plus d'un titre, le film n'arrivait pas à se justifier sur le papier et ne parvenait pas non plus à démontrer qu'il allait diamétralement se démarquer de la précédente version sortie en janvier dernier. Et si le fait qu'il était mis en scène par Bertrand Bonello, cinéaste français devenu le chouchou de la critique après son magnifique L'Apollonide - souvenirs d'une maison close, rassurait quant à la bonne tenue esthétique du film, il était difficile de ne pas craindre un nouvel évènement plus médiatique que réellement artistique. De fait, la réception hystérique du film par la presse hexagonale lors du dernier Festival de Cannes tendait moins à effacer les doutes que l'on avait déjà sur le projet pour les exacerber au plus haut point. Mais voilà que Saint-Laurent débarque dans les salles françaises quelques mois après la folie embourgeoisée qui sévît chaque année sur la Croisette et qu'il prend le cinéphile réfractaire par surprise, surtout lorsque ce dernier éprouve habituellement une terrible répulsion envers un certain type de cinéma "bobo" dont les comédiens surrestimés Louis Garrel, Léa Seydoux, Valérie Donzelli ou encore Valérie Bruni-Tedechi sont les porte-étendards (pas de chance puisqu'ils sont tous les quatre présents dans le film de Bonello).

De prime abord, Saint-Laurent semble avoir incorporé tous les clichés agaçants du biopic. On y retrouve la direction artistique flamboyante, que ce soit dans les costumes désuets et la reconstitution des décors d'époque ; on y retrouve les acteurs métamorphosés complètement habités par le modèle qu'ils incarnent ; on y retrouve le récit elliptique étendu sur plusieurs années, bien que Bonello ne se soit concentré que sur une décennie précise dans la vie du grand couturier ;... Néanmoins, la différence de traitement saute aux yeux très rapidement par des choix de mise en scène régulièrement malins et peu habituels dans de telles productions. Au bout d'une demi-heure, une certitude ne nous quitte plus : si Yves Saint-Laurent de Jalil Lespert pourrait être rattaché au Coco avant Chanel d'Anne Fontaine, alors Saint-Laurent de Bonello pourrait sans problème être comparé au Coco Chanel & Igor Stravinsky de Jan Kounen. A savoir être une proposition moins officielle, plus rock, plus rebelle du mythe d'YSL. Une version moins soumise à l'aura de l'être qu'elle entend dépeindre et qui refuse la rigidité des inombrables faits réels pour privilégier la liberté que confèrent la fiction, l'allégorie et le lyrisme afin de toucher du doigt ce qu'était Saint-Laurent. Au lieu de sagement relater ce qu'il a fait, le long métrage préfère plutôt évoquer ce qu'il représentait, ce qu'il créait et la souffrance qu'il ressentait.

Il n'est du coup pas surprenant de remarquer que Pierre Bergé, le compagnon de Saint-Laurent et l'actuel gestionnaire de son entreprise, n'a pas aimé le long métrage de Bonello alors qu'il avait chapeauté le film de Lespert afin que ce dernier livre une vision des personnages qui l'arrange. Ainsi, le réalisateur de L'Apollonide n'a été gêné par aucune tentative d'ingérence et a pu donner libre cours à ses idées. Saint-Laurent est peut être moins correct que Yves Saint-Laurent sur un plan strictement factuel, mais cela ne l'empêche pas d'être infiniment plus pertinent. En effet, Bonello, grâce à sa démarche, permet au spectateur de saisir le personnage en lui faisant adopter son point de vue sur le monde au lieu de lui raconter qui il était en ne trouvant rien de mieux à utiliser que cette corde usée de la "gloire-chute-rédemption" afin d'accrocher émotionnellement son public. Là où le film de Lespert se cantonne à être un film éminemment superficiel sur Saint-Laurent, ce qui est un aveu d'échec majeur de la part d'un biopic, le long métrage de Bonello se sert de cette personnalité réelle pour appuyer un propos autrement plus vaste qu'une simple biographie à tendance hagiographique, à savoir une réflexion sur l'acte de création, sur ce moteur qu'est la peur du temps qui passe et sur la douleur folle qu'elle engendre.

En cela, Saint-Laurent rejoint le précédent film de Bonello dans lequel les prostituées d'une maison close cherchaient à vivre au mieux une existence hors du monde mais malheureusement pas hors du temps. Il n'est pas surprenant de remarquer qu'à l'inverse du film de Lespert, le long métrage de Bonello ne se passe quasiment jamais "à l'extérieur" - et lors de ces rares séquences, les choix de cadrage font en sorte de limiter cette impression d'extériorité. A l'instar des femmes de joie dans L'Apollonide, Yves Saint-Laurent vit à l'écart. C'est un enfant gâté, incapable de vivre par lui-même, qui n'a aucune expérience du monde des "petites gens". Là où le film de Lespert ne fait que mettre en avant le génie artistique du couturier, Bonello commence son film par une longue séquence montrant des ouvrières s'acharnant à coudre ce qu'a dessiné Saint-Laurent - absent de la scène et évoqué comme une sorte de déité inaccessible pour le commun des mortels - rappelant alors qu'il n'y a jamais un seul artiste génial derrière une oeuvre mais bien des centaines de mains, et ce, que ce soit dans le milieu de la mode ou celui du cinéma.

L'exemple le plus évident de cette déconnection avec l'extérieur arrive lors du premier défilé que filme Bonello : un "split screen" (écran partagé) où l'on voit d'un côté des images d'archive montrant les grands bouleversements sociaux de l'époque, et de l'autre les différentes collections printemps-hiver de ces mêmes années. Le monde global et le petit monde bourgeois de la mode ne se confondent pas à l'écran. L'un instaure des changements et des traumatismes durables, l'autre n'est fait que de frivolité éphémère. Chaque nouvelle robe remplace la précédente dès que celle-ci est sortie du cadre. Avec cette séquence apparait l'un des principaux fils rouges réflexifs de l'intrigue, à savoir si l'art n'est pas quelque chose de finalement dérisoire - ce qui pose du même coup la question du statut et de l'apport de l'artiste dans la société. Comme tout créateur, Saint-Laurent est un être sujet à de profondes angoisses sur la qualité et la pérénité de son travail ; ses robes étant ce qu'il entend laisser au monde après sa mort. De fait, Bonello le représente plusieurs fois comme un homme doutant de son propre accomplissement artistique et ayant tendance à mésestimer la branche sur laquelle il évolue, qualifiant la couture d'"artisanat" plutôt que d'"art". Et peut-on ne pas partager son sentiment lorsque son boulot est de créer la "mode", c'est-à-dire ce qui n'est qu'instantané et aussitôt dépassé ?

La quête du Saint-Laurent de Bonello est donc de parvenir à cette intemporalité qui permettra à ses robes de ne plus être des vétêments représentatifs d'une époque - fermées avant 1968, ouvertes et aguicheuses après les évènements de mai - mais des créations immortelles qui lui assureront d'une certaine manière une victoire sur la mort. Un biopic trouve alors sa vraie valeur, lorsqu'il daigne se démarquer de ces codes bateaux qui contraignent le genre à évoluer sur des sentiers académiques, en devenant le portrait miroir de deux artistes : celui qui est au centre de la fiction (en l'occurence YSL) et celui qui la fabrique (ici, Bertrand Bonello). L'intérêt d'un biopic au cinéma n'a jamais été de raconter la vie d'une personnalité. A cause de son format étriqué - une durée allant rarement au-delà des trois heures - et des limites inhérentes à cet art visuel qu'est le cinéma, un long métrage n'est en aucun cas le meilleur média pour faire une biographie. Cela vaut certes toujours mieux qu'une photographie ou un portrait peint, qui ne sont généralement que des représentations d'un "instant" dans la vie d'une personne, mais cela n'égalera jamais un bouquin de six cents pages, forcément moins exhaustif et plus apte à se montrer "omniscient" envers son personnage central.

Pour avoir un intérêt cinématographique, le biopic doit établir un lien fort entre l'artiste representé et le cinéaste qui le représente. A partir de là, on pourra voir les ressemblances et les dissonances entre leurs parcours respectifs, leurs modes de pensées, leurs visions du monde et leurs professions de foi esthétique. Les meilleurs biopics de ces trente dernières années sont pour la plupart des récits refusant les codes classiques de la biographie. De mémoire récente, seul Cloclo de Florent Emilio Siri parvenait à dépasser les clichés du genre - tous présents dans le long métrage - grace au fait que la personnalité du chanteur coïncidait justement avec la frénésie incessante et l'amplification dramatique que l'on retrouve dans tout récit biographique. Les autres, que ce soit le gigantesque Amadeus de Milos Forman, le fascinant Ali de Michael Mann, le très touchant Ed Wood de Tim Burton ou encore l'immense The Social Network de David Fincher, brisaient ce schéma classique et prenaient des libertés salvatrices avec la réalité pour mieux en rendre compte. Mozart y apparaissait comme le double du cinéaste de Vol au-dessus d'un nid de coucou, celui que l'on avait proclamé "pire réalisateur de tous les temps" devenait une projection du metteur en scène d'Edward aux mains d'argent et le révolutionnaire du numérique, aussi admiré que contesté, était sans aucun doute une image fantasmée de Fincher.

Dans Yves Saint-Laurent, le couturier n'apparait à aucun moment comme le reflet de Lespert, ce qui indique que ce dernier n'est pas parvenu à se reconnaître en lui ou, tout du moins, qu'il a en permanence échoué à traduire cinématographiquement cette identification. Dans Saint-Laurent, le grand couturier est Bonello dans le sens où ils partagent des obsessions communes (pas toutes, évidemment) et un même idéal dans la création artistique. Certes, Saint-Laurent n'est pas un être parfait et totalement appréciable. Il n'est donc pas surprenant que l'identification de Bonello demeure partielle tant son héros agace par ses origines aisées et sa nature éminemment capricieuse, le rendant parfois sacrément antipathique - à l'image de la séquence glaçante où, avec une grande lâcheté, il fait en sorte qu'une employée soit renvoyée alors qu'il a fait mine de la réconforter peu de temps auparavant. Néanmoins, Bonello éprouve comme YSL une fascination pour la beauté feminine ; il s'intéresse comme YSL aux divers moyens existants pour satisfaire ses sens, ceux de ses personnages et ceux de son public ; il s'interroge comme YSL sur la force, les faiblesses et la longétivité de ses travaux.

Si on arrêtait la comparaison sur cette simple piste, cela n'empêcherait pas le film de Bonello de surclasser sur tous les niveaux le trop sage long métrage de Lespert. Mais le fait est que Saint-Laurent est bien plus qu'une simple réflexion sur la condition de l'artiste et la douleur nécessaire pour enfanter une grande oeuvre d'art. Là où Lespert filme sa chronique à travers un filtre tristement désaturé - agaçante marotte que l'on retrouve dans les trois quarts des films historiques, en particulier ceux se déroulant dans les années 1970 afin de ressembler vaguement aux vidéos d'époque - Bonello fait exploser sa palette de couleurs afin de souligner la beauté des teintures. Sur le strict plan des cadrages et du montage, ce n'est même pas la peine de s'étendre inutilement. Aucune image ne marque l'esprit chez Lespert alors que les coups de folie hallucinants s'enchainent pendant deux heures et demie chez Bonello : une discussion d'affaires en temps réel au cours de laquelle les discours en français se chevauchent avec leurs traductions anglaises ; une fabuleuse contre-plongée sur l'actrice Aymeline Valade lorsqu'elle se jette sur une piste de danse ; un long travelling latéral reliant à plusieurs reprises YSL et Jacques de Bascher (Louis Garrel qui livre une excellent interprétation de ce dandy aristocrate et hautain) lors de leur première rencontre ; un plan séquence dans un labyrinthe lorsque le couturier se laisse "corrompre" par son amant dépravé ; un "trip" agressif au cours duquel le chien d'YSL décède (ce dernier livrant à cette occasion une performance des plus surprenantes) ; un défilé final où l'image est éclatée en plusieurs tableaux grâce à un "split-screen" complexe...

L'avantage d'une double production comme Yves Saint-Laurent et Saint-Laurent - que ce soit dans le cas d'un "remake" ou d'une rivalité mesquine entre deux projets - c'est qu'on voit aisément les différences de traitement que l'on peut appliquer à un même personnage ainsi qu'à une même scène. Sur ce dernier point, la comparaison permet d'ailleurs de souligner de façon très évidente ce qui fait qu'une mise en scène soit pertinente, sensuelle et mémorable et qu'une autre soit guindée, impersonnelle et ennuyeuse. Comment nier la supériorité de Saint-Laurent lorsque la présentation de la collection Ballets Russes en 1976 - l'apogée de la carrière de YSL qui sert de climax final aux deux films - n'est qu'un banal défilé filmé en plans larges chez Lespert alors qu'elle est une virevolte de couleurs, de formes, de textures et de mouvements démultipliée par le procédé de l'écran éclaté chez Bonello ? Comment le nier lorsque l'on place au même niveau la séquence froide de la rencontre entre YSL et Bascher chez Lespert et celle, muette et hypnotisante, chez Bonello qui relie intelligemment les deux futurs amants par un mouvement de caméra prophétique semblable à un va-et-vient annonçant leurs prochains ébats passionnés ? Il faut dire que d'un point de vue musical, Saint-Laurent l'emporte aussi haut la main tant sa bande son électrique surclasse la piteuse composition d'Ibrahim Maalouf à base de violons larmoyants et de morceaux de piano prétendument intimistes.

A vrai dire, le seul aspect sur lequel les deux films sont aptes à se faire la nique est l'interprétation de leur casting. Lespert et Bonello ont tous les deux eu la délicatesse d'éviter de recouvrir leurs comédiens sous des tonnes de maquillages et de prothèses grotesques - une démarche qui aurait eu pour but de les faire ressembler coûte-que-coûte à leurs modèles, quitte à créer des monstres à l'instar d'Anthony Hopkins en Alfred Hitchcock dans le gentillet long métrage de Sasha Gervasi. A ce petit jeu, Pierre Niney gagne en termes de ressemblance et de mimétisme, bien que Gaspard Ulliel dispose d'un YSL moins politiquement correct, plus ambigu et donc plus fascinant. De son côté, Bonello a l'honnêteté de ne pas nous asséner une voix off narrée par le vrai Pierre Bergé tandis que Lespert accorde un peu plus de place au compagnon officiel de Saint-Laurent - à un tel point d'ailleurs que son film aurait pu s'intituler Yves Saint-Laurent & Pierre Bergé. Cela ne permet pourtant pas à Lespert de rendre l'histoire d'amour plus émouvante dans son film que dans celui de Bonello. Car là où Lespert relate une romance qui n'est houleuse qu'en apparence, chaque écart de l'un des partenaires étant oublié et pardonné par l'autre dès la scène suivante, Bonello ne craint pas de flirter avec une imagerie plus charnelle et donc plus déstabilisante aux yeux du grand public afin de montrer un sulfureux trio amoureux. Ainsi, il place YSL face à un choix cornélien : une vie rassurante, commerciale, rationnelle et mesurée avec Pierre Bergé ou une vie libre, débridée, destructrice, mais inspiratrice avec de Bascher. Le dilemne de tout artiste en somme.

Saint-Laurent de Bertrand Bonello : 9 / 10

Yves Saint-Laurent de Jalil Lespert : 3 / 10

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O
Je vous complimente pour votre éditorial. c'est un vrai boulot d'écriture. Développez
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C
J'ai vu le dernier. Gaspar Uliel t'es trop beau, tu veux m'épouser?<br /> <br /> Blague à part, 9/10 c'est abusé. C'est beau, c'est propre (mise en scène, acteurs, blablabla), mais les 9 devraient être réservés aux chefs d'oeuvre... A bon entendeur ;)
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